**WestJet et son syndicat d'agents de bord, la section locale 8125 du Syndicat canadien de la fonction publique (CUPE), sont parvenus à un accord de principe pour mettre fin à une grève qui a fortement perturbé les opérations de la compagnie pendant un week-end férié estival.** L'accord, annoncé dans la nuit du 2 au 3 août, sera désormais soumis à la ratification des quelque 4 400 membres du syndicat. WestJet a déjà entamé une reprise progressive de son programme de vols, qui avait été fortement réduit pendant le mouvement social.
Le cœur du conflit portait sur le mode de rémunération des personnels navigants commerciaux. Jusqu'à présent, la paie des agents de bord de WestJet reposait principalement sur un système de « crédits de vol », un modèle courant en Amérique du Nord où la rémunération n'est déclenchée que lorsque l'avion quitte le parking et cesse à son arrivée. Ce système ne tient pas compte du travail important effectué avant et après le vol, comme les briefings d'équipage, les vérifications de sécurité et de sûreté, la préparation de la cabine, l'embarquement et le débarquement des passagers, ainsi que la gestion des correspondances. Le syndicat demandait que ce temps de service, de la prise de fonction à la fin de mission, soit mieux reconnu et rémunéré.
La présidente de CUPE 8125, Alia Hussain, a salué cet accord de principe comme une avancée significative, soulignant qu'il fait évoluer le système de crédits de vol pour mieux reconnaître le travail des agents de bord, tout en prévoyant des hausses générales de rémunération. Si l'accord est ratifié, il pourrait établir un précédent dans la manière dont les compagnies nord-américaines valorisent le temps non volé de leurs équipages de cabine, un sujet de plus en plus débattu dans l'industrie.
La grève a eu un impact majeur sur le réseau de WestJet. Selon les données de Cirium, 615 vols ont été annulés jusqu'au 4 août, affectant environ 250 000 passagers. La compagnie avait réduit son programme de manière ordonnée pour éviter de laisser des avions, des équipages et des passagers bloqués loin de leurs bases, ce qui a conduit à la suspension des opérations sur ses flottes de Boeing 737 et 787. Le moment était particulièrement délicat, car la grève coïncidait avec un week-end férié au Canada, une période de forte demande de voyage.
Bien que cet accord de principe représente une avancée positive, il n'est pas encore définitif. Le syndicat doit maintenant présenter le texte complet à ses membres, qui auront le dernier mot lors d'un vote de ratification. Si l'accord est approuvé, il apportera des changements significatifs à la rémunération des agents de bord de WestJet, ce qui pourrait influencer des négociations similaires dans d'autres compagnies. Pour les professionnels de l'aviation, ce conflit souligne l'importance d'une rémunération équitable pour toutes les tâches des membres d'équipage, et pas seulement pour le temps passé en vol.