Le 29 avril, un Boeing 737 d'United Airlines assurant le vol UA1980 entre San Francisco et San Diego a signalé une possible collision avec un drone à environ 3 000 pieds (900 mètres) lors de son approche de l'aéroport international de San Diego. L'appareil, transportant 48 passagers et 6 membres d'équipage, a atterri sans encombre et aucun dommage n'a été constaté, mais la FAA a ouvert une enquête sur ce qui est traité comme un possible impact de drone.
L'incident s'est produit vers 8h30 heure locale, environ 90 minutes après le décollage. Le pilote a d'abord contacté le contrôle aérien en déclarant : « Je crois que je viens de voir un petit objet rouge... sous nous, sur notre droite. » Après l'atterrissage, le commandant de bord a précisé qu'il pensait que l'avion « avait peut-être heurté » un drone à 3 000 pieds, le décrivant comme « petit, rouge et brillant ». Les contrôleurs ont alerté les autres équipages dans la zone, mais aucun autre pilote n'a signalé d'observation similaire.
Malgré ce signalement, le vol s'est déroulé normalement. Le Boeing 737 a atterri en sécurité, les passagers ont débarqué à la porte, et l'appareil a poursuivi vers Houston peu après. United Airlines a confirmé l'incident, précisant qu'une inspection de maintenance approfondie n'avait révélé aucun dommage. En l'absence de preuves matérielles, l'événement reste classé comme « possible collision » et non comme un impact confirmé.
Sur le plan réglementaire, si l'objet était bien un drone, sa présence à 3 000 pieds près d'un grand aéroport constituerait une violation claire des règles de la FAA. Aux États-Unis, les vols de drones récréatifs et la plupart des opérations commerciales sont limités à une altitude maximale de 400 pieds au-dessus du sol, et les vols dans l'espace aérien contrôlé autour des aéroports nécessitent une autorisation spécifique de la FAA via des systèmes comme LAANC. Un drone à 3 000 pieds sur un axe d'approche serait très largement hors du cadre légal, posant un risque significatif pour l'aviation habitée.
Cet événement souligne une préoccupation croissante pour l'aviation commerciale : la multiplication des incursions de drones dans les couloirs d'approche et de départ. Des études ont montré qu'une proportion significative des quasi-collisions entre drones et avions de ligne se produit au-dessus de la limite de 400 pieds, exactement là où les trajectoires d'approche convergent avec les activités d'opérateurs négligents. Pour les pilotes, la menace est double : un impact direct sur un pare-brise, un bord d'attaque, un moteur ou un empennage pourrait causer des dommages localisés plus importants que ceux d'un impact d'oiseau de masse comparable, en raison de la nature rigide et potentiellement métallique de nombreux drones.
Pour les étudiants ATPL et ATC, cet incident est un rappel puissant de l'importance de la connaissance de l'espace aérien, de la réglementation et d'une communication efficace. Comprendre les règles relatives aux drones, comme la limite de 400 pieds et les restrictions dans l'espace aérien contrôlé, est essentiel pour les pilotes et les contrôleurs. De plus, la capacité à signaler et documenter avec précision de tels événements est une compétence clé, comme le montre la communication claire du pilote avec le contrôle aérien. Ce cas souligne également la nécessité d'une vigilance accrue pendant les phases critiques du vol, notamment l'approche et le départ, où le risque de rencontre avec un drone est le plus élevé.