SWISS a conservé une activité rentable au premier semestre 2026, malgré la flambée des coûts du kérosène et des dépenses de maintenance élevées. La compagnie a enregistré un EBIT ajusté de 189,3 millions de francs suisses, en baisse limitée de 3% sur un an. Son chiffre d'affaires a progressé de 3,2% à 2,77 milliards de francs suisses, tandis que le nombre de passagers a augmenté de 0,6% pour atteindre environ 8,5 millions. Le nombre de vols a toutefois diminué de 4,1% à un peu plus de 67 400 mouvements, mais le coefficient de remplissage s'est amélioré de 2,2 points.
Les coûts de carburant pèsent lourdement sur les comptes. Au deuxième trimestre, les dépenses de carburant ont bondi d'environ 50%, selon le directeur financier Dennis Weber, qui a souligné que le carburant est le principal poste de coûts. Il a crédité les mesures d'efficacité d'avoir partiellement compensé cette hausse. Le directeur général Jens Fehlinger a insisté sur le rôle de SWISS dans la connectivité de la Suisse, surtout en période d'incertitude.
Ces résultats contrastent fortement avec ceux de la maison mère Lufthansa Group, dont le bénéfice opérationnel ajusté a chuté de 56% à 383 millions d'euros au deuxième trimestre, malgré un chiffre d'affaires record de 11,1 milliards d'euros. Le groupe a subi une hausse estimée à 750 millions d'euros de ses coûts de carburant. Cet écart de performance relance en Suisse le débat sur l'autonomie de SWISS au sein du groupe, le quotidien Le Temps estimant que les bons résultats remettent « du kérosène » sur cette question récurrente, notamment concernant les décisions commerciales et le développement du réseau long-courrier.
SWISS appartient à Lufthansa Group depuis 2005, conservant sa marque, son certificat de transporteur aérien et sa direction basée en Suisse. Cependant, de nombreuses fonctions—de la planification commerciale aux systèmes informatiques—sont de plus en plus centralisées. Le syndicat de pilotes Aeropers a exprimé ses inquiétudes lors des négociations sur la convention collective, estimant que SWISS « semble actuellement suivre la voie de Lufthansa et négliger les valeurs suisses ». Les pilotes ne contestent pas l'appartenance au groupe, mais craignent une perte progressive de capacité de décision locale sur les plannings, l'organisation du travail et la culture d'entreprise.
Dominik Jäggi, responsable des opérations aériennes de SWISS, a défendu l'ancrage national de la compagnie, affirmant que l'échange direct, la fiabilité et la volonté de compromis font partie de la manière suisse de trouver des solutions ensemble. La direction reste ouverte au dialogue avec Aeropers, qui a suspendu les négociations, mais la convention collective demeure applicable jusqu'à la fin de l'année 2026. Pour SWISS, l'enjeu sera de maintenir sa rentabilité tout en poursuivant ses investissements dans les cabines et la flotte. Pour les employés, les bons résultats financiers renforcent l'argument en faveur d'une plus grande marge de manœuvre face à Lufthansa Group.