**La simplification des flottes redessine le groupe Lufthansa.**
SWISS a indiqué qu'elle n'envisageait plus, à moyen et long terme, le retour en exploitation de ses neuf Airbus A220-100, selon des informations rapportées par le média allemand Aero.de. Initialement annoncé comme temporaire à l'automne 2025, pour une durée estimée à dix-huit mois, le retrait de ces appareils prend désormais les traits d'une décision durable. La cause : les problèmes persistants des moteurs Pratt & Whitney GTF, notamment la version PW1500G qui équipe l'A220. SWISS exploite 30 A220 : neuf -100 et 21 -300. Le -100, configuré avec 125 sièges, affiche une autonomie de 2 850 km, tandis que le -300, plus capacitaire avec 145 sièges, est devenu la colonne vertébrale du réseau européen de la compagnie. La priorité est désormais claire : concentrer les moteurs disponibles sur les -300, qui offrent plus de sièges et donc un meilleur potentiel économique par rotation.
**La crise des GTF est le déclencheur.**
Les moteurs Geared Turbofan de Pratt & Whitney ont connu des problèmes de durabilité, nécessitant des inspections et remplacements anticipés de composants. En 2025, entre quatre et six A220 de SWISS ont été immobilisés simultanément en raison de ces difficultés. Pour gérer la situation, SWISS a commencé à cannibaliser deux de ses A220-100 (HB-JBC et HB-JBD), stationnés à Toulouse-Francazal, afin de récupérer moteurs et pièces pour soutenir l'exploitation des -300. Ces deux appareils ne reprendront pas le transport commercial de passagers. Cette approche sécurise à court terme la disponibilité des appareils de 145 sièges, mais consacre aussi la perte de valeur opérationnelle de la version -100 pour la compagnie. SWISS devra gérer avec attention la transition de capacité sur les lignes dont la demande correspondait plus naturellement à un appareil d'environ 125 places.
**Les CRJ-900 de CityLine sur la sellette.**
Dans un mouvement parallèle, le groupe Lufthansa étudie la vente de ses biréacteurs régionaux CRJ-900 issus de l'ex-filiale Lufthansa CityLine. La filiale a été fermée le 16 avril 2026, avec le retrait immédiat de 27 avions encore opérationnels, afin de limiter les pertes. Lufthansa a évoqué la fin de la capacité d'exploitation technique des Canadair CRJ et leurs coûts d'exploitation élevés. Sur les 23 CRJ-900 restants, seuls douze étaient encore en service peu avant l'arrêt ; plusieurs sont désormais stationnés à Munich. Une porte-parole du groupe a confirmé à Aero.de que Lufthansa « examine actuellement la vente des avions CRJ », tout en précisant que le processus n'était pas achevé. Il s'agit à ce stade d'un examen, non d'une transaction conclue.
**Une même logique de rationalisation.**
Bien que les deux dossiers soient techniquement différents—l'un lié à la fiabilité des moteurs, l'autre au vieillissement des avions régionaux—ils reflètent la même stratégie du groupe Lufthansa : réduire les coûts, diminuer le nombre de sous-flottes et concentrer les capacités sur les appareils les plus productifs. Pour les étudiants en aviation, cet exemple illustre comment les défis opérationnels et les pressions économiques influencent les décisions de flotte, même pour des avions relativement jeunes comme l'A220-100.