Ryanair a lancé une nouvelle offensive réglementaire contre l'opérateur de l'aéroport de Dublin, DAA, appelant l'Irish Aviation Authority (IAA) à rejeter le plan d'investissement de 5,6 milliards d'euros pour 2027–2031 et à réduire les redevances passagers. La compagnie s'appuie sur l'exemple du régulateur espagnol CNMC, qui a recommandé une baisse annuelle moyenne de 0,59 % des redevances aéroportuaires pour 2027–2031, à l'inverse de la hausse de 3,82 % demandée par Aena pour financer un programme de 10 milliards d'euros. Ryanair, soutenue par l'IATA et l'association ALA, plaide pour des réductions encore plus marquées, jusqu'à 4,9 % par an, arguant que des redevances plus basses stimulent le trafic et financent les investissements par la croissance des volumes.
Au cœur du conflit se trouve le plan de 5,6 milliards d'euros de DAA visant à faire passer Dublin d'environ 36 millions de passagers en 2025 à une capacité de 45 millions d'ici 2031, via des extensions d'infrastructures, des projets de maintenance et des initiatives de durabilité. Ryanair, premier client de Dublin, qualifie ce plan de « zéro croissance » car il n'ajoute ni piste ni terminal, mais ferait doubler les redevances passagers de 20 à 40 euros par départ. La compagnie détaille les coûts contestés : plus de 1,5 milliard d'euros pour l'inflation et les imprévus, 700 millions pour 14 postes de stationnement avec passerelles (que Ryanair n'utilise pas), 670 millions pour la maintenance et 500 millions pour des projets de durabilité.
Le PDG Michael O'Leary accuse DAA de « gaming réglementaire » et exhorte l'IAA à ignorer ce plan « délirant ». Il estime qu'une fois levé le plafond de 32 millions de passagers à Dublin, la croissance du trafic fera naturellement baisser les coûts unitaires, comme le préconise le régulateur espagnol. O'Leary affirme que les monopoles aéroportuaires sous-estiment systématiquement la croissance du trafic tout en gaspillant des milliards dans des infrastructures inutiles, citant les passerelles du Pier 1, utilisées à 80 % par Ryanair mais non nécessaires à la compagnie.
L'IAA fixera en 2026 le nouveau niveau maximal moyen de redevances par passager pour 2027–2031, dans un contexte de trafic croissant vers 40 millions de passagers par an et de débats politiques sur le plafond d'activité. Ce cas est un exemple concret pour les étudiants ATPL et ATC de l'intersection entre économie aéroportuaire, cadres réglementaires et stratégies des compagnies. Comprendre ces dynamiques est essentiel pour les futurs professionnels, car les redevances influencent directement les coûts d'exploitation, la rentabilité des routes et la planification des réseaux. L'issue de cette bataille impactera non seulement les opérations de Ryanair à Dublin, mais aussi les précédents réglementaires en Europe.