L'industrie aérienne européenne se prépare à un été 2026 sous tension alors que Michael O'Leary, PDG de Ryanair, estime que plusieurs transporteurs pourraient faire faillite si le prix du kérosène reste à des niveaux records. Lors d'une conférence à Oslo, O'Leary a déclaré que des prix soutenus autour de 150 dollars le baril en juillet, août et septembre entraîneraient la disparition de compagnies européennes, un scénario qu'il qualifie de « probablement positif à moyen terme pour l'activité de Ryanair ». Ryanair se présente comme la compagnie la mieux protégée d'Europe, avec 80% de ses besoins en carburant couverts par des contrats de hedging pour l'été, lui permettant d'éviter des hausses de prix ou des surtaxes carburant. Cependant, le secteur est sous forte pression en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz fin février, qui a perturbé les flux de produits raffinés vers l'Europe. Selon le Jet Fuel Price Monitor de l'IATA, le kérosène a atteint 179 dollars le baril fin avril, tandis que l'Agence internationale de l'énergie a averti que l'Europe ne dispose plus que d'environ six semaines de stocks si les approvisionnements du Golfe restent bloqués. L'Europe dépend du Moyen-Orient pour près de 75% de ses importations nettes de carburant aérien.
Les compagnies low-cost ne sont pas toutes logées à la même enseigne. EasyJet a chiffré à 25 millions de livres (34 millions de dollars) la charge supplémentaire de carburant pour le seul mois de mars et a enregistré une perte de 540 à 560 millions de livres sur les six mois clos au 31 mars. La compagnie a couvert 70% de ses besoins en carburant pour l'été à 706 dollars la tonne métrique, laissant 30% exposés à la volatilité. Les transporteurs historiques réduisent déjà leurs capacités : Lufthansa a annoncé la suppression de 20 000 vols court-courriers entre mai et octobre 2026 sur ses six hubs européens, économisant plus de 40 000 tonnes de kérosène. SAS a annulé environ 1 000 vols en avril en raison d'une mauvaise couverture carburant, et KLM réduit sa capacité d'environ 80 vols. Ces coupes reflètent la difficulté du secteur à absorber la flambée des coûts du carburant, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Pour les étudiants ATPL et ATC, cette situation souligne l'importance cruciale du hedging carburant et de l'efficacité opérationnelle dans la gestion des compagnies aériennes. Comprendre comment la volatilité des prix du carburant impacte la planification des routes, les décisions de capacité et la rentabilité est essentiel pour les futurs professionnels de l'aviation. La crise met également en évidence la vulnérabilité de l'aviation européenne aux perturbations géopolitiques, un élément clé dans la planification stratégique et l'évaluation des risques.