**Le PDG de Ryanair, Michael O'Leary, relance le débat sur la vente d'alcool dans les aéroports en appelant à une interdiction des ventes matinales, qu'il lie directement à la flambée des incidents à bord et aux déroutements.** Dans un entretien au *Times*, il s'interroge sur la logique de servir de l'alcool à 5 ou 6 heures du matin, estimant que les bars côté piste exploitent une faille réglementaire en échappant aux horaires de licence imposés aux pubs en centre-ville. Ryanair affirme dérouter « presque un vol par jour » en raison de passagers perturbateurs, contre environ un par semaine il y a dix ans. Chaque déroutement entraîne des coûts opérationnels lourds : carburant supplémentaire, créneaux perdus, indemnisation des passagers et effets domino sur le programme de vols.
**O'Leary cible frontalement les bars et restaurants d'aéroport, les accusant de « profiter » du système en servant de l'alcool sans limite pendant les retards, sachant que le problème sera « exporté » vers les compagnies aériennes.** Il propose de plafonner les ventes à deux consommations par passager via la carte d'embarquement et de restreindre les horaires de vente, sans évoquer de limitation similaire à bord des avions Ryanair. La compagnie limite déjà la vente d'alcool en vol à deux verres par passager dans la plupart des cas. Cette sortie intervient alors que les régulateurs européens renforcent leur arsenal. Au Royaume-Uni, l'ivresse à bord est une infraction pénale passible d'une amende de 5 000 livres et de deux ans de prison. Ryanair a elle-même engagé une action civile en 2024 contre un passager ayant provoqué le déroutement d'un vol Dublin–Lanzarote vers Porto, réclamant plus de 15 000 euros de dommages.
**Le cadre réglementaire évolue rapidement. La France a publié en novembre 2025 un décret créant une base de données nationale pour signaler les comportements perturbateurs, avec des amendes administratives allant jusqu'à 10 000 euros (20 000 euros en cas de récidive) et des interdictions d'embarquer pouvant atteindre quatre ans.** La compagnie britannique Jet2 a également plaidé pour une base de données partagée entre transporteurs. Pour les étudiants ATPL et les contrôleurs aériens, ce débat illustre l'intersection cruciale entre les opérations au sol, le filtrage des passagers et la sécurité en vol. Comprendre comment la consommation d'alcool avant l'embarquement affecte la gestion des ressources de l'équipage, les procédures de déroutement et la responsabilité juridique est essentiel pour les opérations réelles. La tendance vers une réglementation plus stricte et le partage de données souligne également l'importance croissante des compétences non techniques, comme la désescalade des conflits et l'évaluation des menaces, dans l'aviation moderne.