Le conflit entre Ryanair et Aeroporti di Roma (AdR) autour des charges aéroportuaires, des plafonds de vols et des incitations commerciales s’intensifie, faisant de Rome un cas d’école des tensions entre compagnies low cost et grands hubs. Ryanair, qui opère 16 appareils dans la capitale (10 à Fiumicino, 6 à Ciampino), 75 routes et 10,6 millions de passagers par an, a annoncé un programme été 2026 sans croissance à Rome. La compagnie dénonce une hausse de 44 % des tarifs d’AdR à Ciampino et de 15 % à Fiumicino d’ici 2028, ainsi qu’une taxe municipale sur les passagers jugée « régressive ». Le PDG Eddie Wilson estime que Rome devient « moins compétitive par rapport à d’autres grandes capitales » et conditionne tout nouvel investissement à une baisse des charges et à la levée des plafonds de vols.
Parallèlement, Wizz Air adopte une stratégie inverse. Soutenue par un package d’incitations estimé entre 18 et 20 millions d’euros par an de la part d’AdR, la low cost hongroise se développe rapidement à Fiumicino. En 2026, sa capacité en sièges y croît huit fois plus vite que celle de Ryanair, devenant ainsi le deuxième transporteur de l’aéroport derrière ITA Airways. Cette expansion correspond à la volonté d’AdR de faire de Fiumicino un hub « premium » tourné vers l’international et les marchés extra-européens.
Le conflit se double d’une guerre de chiffres. Jason McGuinness, directeur commercial de Ryanair, affirme que les coûts aéroportuaires à Fiumicino atteindront 50 euros par passager d’ici deux à trois ans, contre un tarif de base moyen de 51 euros. AdR rétorque que les tarifs sont au même niveau qu’en 2016, soit 29 euros par passager au départ, et n’augmenteront que de 2 euros dans les années à venir. AdR précise également que les incitations ne sont pas discrétionnaires mais liées à l’ouverture de nouvelles lignes et au développement de marchés stratégiques.
Pour les élèves ATPL et les contrôleurs aériens, ce cas illustre les interactions complexes entre modèles économiques des compagnies et gestion aéroportuaire. Comprendre comment les charges, les créneaux horaires et les restrictions environnementales influencent les réseaux des compagnies est essentiel pour les futurs pilotes et contrôleurs. Ce dossier romain met en lumière les enjeux réglementaires qui équilibrent croissance, environnement et qualité de service, thèmes directement abordés dans les matières ATPL comme le Droit aérien et la Préparation des vols, ainsi que dans la formation ATC sur la gestion des capacités.