**Pratt & Whitney a acquis la start-up néerlandaise Aiir Innovations** pour déployer un logiciel d’inspection endoscopique assisté par intelligence artificielle sur ses moteurs V2500, GTF et F135. L’annonce, faite le 15 juillet 2026, s’inscrit dans la stratégie de digitalisation et d’automatisation de la maintenance du groupe RTX. Les conditions financières n’ont pas été divulguées, mais cette acquisition marque un tournant vers une surveillance des moteurs basée sur les données.
**Le logiciel d’Aiir Innovations agit comme un copilote numérique** pour les équipes de maintenance. Il analyse en temps réel les vidéos de borescope, compte automatiquement les aubes, identifie les zones non inspectées et signale les défauts (fissures, impacts, déformations). Là où une revue manuelle prenait des heures, l’IA génère un rapport standardisé en quelques minutes. Des essais menés avec KLM Engineering & Maintenance et MTU Maintenance ont montré des gains de temps significatifs et une meilleure détection des défauts par rapport à une inspection humaine seule. En 2019, Aiir estimait pouvoir réduire un borescope complet de 16 à 12 heures dans un premier temps, avec un objectif à long terme de 20 % du temps actuel.
**Le déploiement a déjà commencé sur le V2500**, moteur courant sur les monocouloirs, avec des pilotes en cours sur les familles GTF (Geared Turbofan) et le turboréacteur militaire F135 du F-35. Pratt & Whitney vise désormais à étendre la technologie à l’ensemble de son réseau mondial soutenant plus de 90 000 moteurs en service. La standardisation des outils et des rapports améliorera la traçabilité, réduira les disparités entre ateliers et renforcera la cohérence des décisions, qu’il s’agisse d’un GTF sur A320neo ou d’un F135 en environnement opérationnel.
**La promesse centrale est des inspections plus rapides et traçables.** En adaptant ses algorithmes grâce au retour des inspecteurs, l’IA gagne en précision avec le temps, se rapprochant du jugement des experts sans les remplacer. Pratt & Whitney souligne que cela réduit les risques de défauts manqués, améliore la répétabilité et augmente le « time on wing » — la durée pendant laquelle un moteur reste en service avant une visite lourde. Pour les étudiants en formation aéronautique, cette évolution signifie que les futurs professionnels de la maintenance devront maîtriser le diagnostic assisté par IA, l’interprétation des données et l’équilibre entre automatisation et expertise humaine.
**Aiir Innovations, fondée en 2016 à Amsterdam**, comptait déjà parmi ses clients KLM, MTU Maintenance et plusieurs sociétés de leasing, avec des déploiements dans plus de 20 pays. La start-up était soutenue par le Mainport Innovation Fund II, initié par l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, KLM, l’université de Delft et d’autres acteurs néerlandais. Cette acquisition illustre une tendance plus large : l’IA devient un outil incontournable de la maintenance aéronautique, impactant directement la disponibilité des aéronefs et l’efficacité opérationnelle.