Le 28 mai 1910, l'aviateur français Louis Paulhan, déjà remarqué lors du meeting d'aviation de Vérone en Italie où il avait remporté une prime de 1 500 francs pour un vol à 384 mètres d'altitude, a transformé son appareil en instrument de mémoire. Il décide d'organiser un hommage aux victimes de la célèbre bataille de Solférino, qui s'est déroulée le 24 juin 1859.
Ce matin-là, Paulhan décolle de Vérone et effectue un raid aérien de 25 minutes en direction de Solférino. Arrivé au-dessus de l'ossuaire, il fait planer son avion et jette des roses et des œillets rouges depuis le ciel, un geste symbolique pour honorer les quelque 5 500 soldats, dont de nombreux Français, morts lors de ce conflit sanglant entre les alliés franco-sardes et l'empire d'Autriche. À son retour au sol, il est accueilli par MM. de Stéphani et Mercanti, respectivement président et commissaire général des fêtes de Vérone, avant d'aller déposer une couronne devant le monument commémoratif.
Cet événement est un exemple fascinant d'utilisation de l'aviation à des fins cérémonielles et humanitaires, bien avant que de telles pratiques ne deviennent courantes. Pour les étudiants ATPL et ATC, il illustre comment l'aviation a toujours été liée à l'émotion humaine et au spectacle public. Comprendre le contexte historique des premiers vols aide les stagiaires à apprécier l'évolution du pilotage, de la gestion de l'espace aérien et de la signification culturelle de l'aviation au-delà du simple transport.
Le vol commémoratif de Solférino souligne également l'importance de la conscience situationnelle et de la précision du pilotage, même aux débuts de l'aviation. La capacité de Paulhan à naviguer vers un lieu spécifique et à effectuer un largage à basse altitude démontre des compétences qui restent pertinentes aujourd'hui, sous des formes plus avancées. Ce pan d'histoire rappelle aux futurs pilotes et contrôleurs que l'aviation ne se limite pas à la technique, mais englobe aussi les histoires humaines et les responsabilités qui accompagnent le vol.