Le groupe Lufthansa a annoncé une perte opérationnelle réduite pour le premier trimestre 2026, malgré des vents contraires importants liés à la crise persistante au Moyen-Orient et à la flambée des prix du kérosène. Le géant européen du transport aérien a enregistré une perte d’EBIT ajusté de 612 millions d’euros pour la période de janvier à mars, soit une amélioration de 15 % par rapport à la perte de 722 millions d’euros enregistrée au même trimestre de 2025. Le chiffre d’affaires a augmenté de 8 % pour atteindre 8,75 milliards d’euros, porté par une forte demande sur les routes asiatiques et africaines. La perte nette s’est également améliorée, passant de 885 millions à 665 millions d’euros.
Cependant, le PDG Carsten Spohr a adopté un ton prudent, avertissant que les turbulences géopolitiques au Moyen-Orient, combinées à la hausse des coûts du carburant et aux contraintes opérationnelles, représentent un « défi immense » pour l’ensemble de l’industrie aéronautique. Lufthansa anticipe désormais un surcoût carburant de 1,7 milliard d’euros pour l’exercice 2026, portant sa facture totale de kérosène à près de 8,9 milliards d’euros. Si la stratégie de couverture du groupe offre une protection à court terme, la direction a prévenu qu’une disponibilité réduite du carburant plus tard dans l’année pourrait constituer un risque supplémentaire.
Fait intéressant, la crise modifie également les flux de trafic. Lufthansa a noté que les voyageurs évitent de plus en plus les aéroports de la région du Golfe au profit de ses propres hubs à Francfort, Munich, Zurich, Vienne et Bruxelles. Ce rééquilibrage profite aux réseaux long-courriers du groupe sur les axes Europe-Asie et Europe-Afrique, compensant partiellement l’impact négatif de la hausse des coûts du carburant. Le groupe a transporté 25,1 millions de passagers au T1, contre 23,8 millions un an plus tôt, avec la contribution de toutes ses filiales, dont Swiss, Austrian Airlines, Eurowings et ITA Airways.
Les performances varient considérablement entre les compagnies du groupe. Swiss est la seule à avoir affiché un EBIT ajusté positif de 39 millions d’euros, tandis que la marque principale Lufthansa a enregistré une perte de 443 millions d’euros. ITA Airways, détenue à 41 % par Lufthansa, a vu son EBIT ajusté se dégrader à une perte de 112,2 millions d’euros, principalement en raison d’effets de change négatifs sur les passifs de leasing. En revanche, Lufthansa Cargo et Lufthansa Technik sont restées rentables, avec des EBIT ajustés respectifs de 83 millions et 196 millions d’euros, offrant un tampon de revenus stable.
Pour faire face aux pressions sur les coûts, Lufthansa a annoncé une série de réductions de capacités et de changements organisationnels. Le groupe ferme sa filiale régionale Lufthansa CityLine, retirant 27 appareils du service, et réduit son offre sur le réseau court et moyen-courrier d’environ 20 000 vols. Ces mesures s’inscrivent dans un programme plus large de discipline des coûts visant à absorber le choc pétrolier tout en poursuivant les investissements de renouvellement de flotte pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire les émissions.