**Une proposition qui pourrait redessiner le marché aérien transatlantique**
Israël a offert à Emirates la possibilité d'exploiter des vols directs entre Tel Aviv et New York, ainsi que vers Bangkok, dans le cadre de droits de septième liberté. Ce mécanisme permettrait à la compagnie de Dubaï de transporter des passagers entre Israël et des pays tiers sans transiter par son hub principal. L'information, révélée par la chaîne israélienne Channel 12, reste à un stade préliminaire mais pourrait profondément modifier la concurrence sur l'une des routes long-courriers les plus fréquentées au monde.
**Ce que les droits de septième liberté signifient pour les étudiants en aviation**
Pour les élèves pilotes et contrôleurs aériens, ce cas est un exemple concret de la manière dont les accords bilatéraux de services aériens influencent les opérations réelles. Les droits de septième liberté sont rares dans le transport de passagers, surtout pour des vols directs entre deux pays étrangers. Ils vont plus loin que les droits de cinquième liberté (qui autorisent une compagnie à desservir deux pays étrangers dans le cadre d'une route débutant ou se terminant dans son pays d'origine). Si l'accord aboutit, Emirates pourrait baser des avions et des équipages à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv et exploiter des vols long-courriers indépendants vers New York ou Bangkok, sans lien avec Dubaï. Cela nécessiterait une modification de la législation aérienne israélienne et, surtout, l'approbation du ministère américain des Transports, qui n'a jamais accordé de droits de septième liberté passagers à une compagnie étrangère.
**Pourquoi c'est pertinent aujourd'hui**
Cette proposition intervient alors que la connectivité transatlantique depuis Israël est fortement réduite. Plusieurs compagnies américaines ont suspendu leurs vols vers Tel Aviv après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et le conflit avec l'Iran, laissant El Al et Arkia comme principaux opérateurs sur la route Tel Aviv–New York. Cette concurrence limitée a entraîné des tarifs élevés. Emirates elle-même a suspendu ses vols Dubaï–Tel Aviv il y a plus de deux ans, tandis que Flydubai et Etihad continuent d'opérer. L'offre est perçue comme un signal politique lié aux accords d'Abraham, qui ont normalisé les relations entre Israël et les Émirats arabes unis en 2020.
**Obstacles réglementaires et concurrentiels**
La mise en œuvre de ces vols se heurte à de multiples barrières. Israël doit modifier sa législation aérienne pour autoriser des droits de septième liberté à une compagnie étrangère basée hors du pays. Les États-Unis doivent également donner leur accord—un précédent qui susciterait probablement une forte opposition des compagnies américaines et des syndicats. Les transporteurs israéliens devraient faire pression contre cette mesure, craignant la concurrence du produit premium d'Emirates, notamment ses Airbus A380. Les analystes estiment que la proposition pourrait rester un geste politique pour l'instant, mais elle illustre les dynamiques changeantes du transport aérien international et l'importance stratégique des droits de trafic.
**À retenir pour les étudiants ATPL/ATC**
Cette affaire montre comment les événements géopolitiques, les accords bilatéraux et la concurrence entre compagnies interagissent pour façonner les réseaux de routes et les prix. La compréhension des droits de trafic (libertés de l'air) est essentielle pour tout professionnel de l'aviation, car elle impacte directement la planification des vols, la gestion des équipages et l'accès au marché. Suivez ce dossier—il pourrait devenir un cas d'école en réglementation aérienne.