L'Association du transport aérien international (IATA) a publié ses dernières statistiques de trafic pour juin, révélant une baisse de 1,7 % de la demande mondiale de passagers par rapport au même mois de l'année précédente. Mesurée en kilomètres-passagers payants (RPK), cette diminution marque un ralentissement notable dans la reprise post-pandémique du secteur. Ce recul est largement attribué à l'affaiblissement des marchés intérieurs dans plusieurs grandes économies et aux tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, qui continuent de perturber les voyages internationaux.
En détail, la capacité—exprimée en sièges-kilomètres offerts (ASK)—a baissé de 1,3 % sur un an, tandis que le coefficient d'occupation moyen est ressorti à 84,2 %, en repli de 0,4 point de pourcentage. Les marchés intérieurs ont été particulièrement touchés, avec une chute de 3,0 % des RPK et une capacité en baisse de 2,4 %. Le coefficient d'occupation pour le trafic intérieur s'est établi à 84,0 %, en recul de 0,5 point. L'IATA attribue ce mouvement principalement à la hausse des prix du carburant, notamment en Chine, aux États-Unis et au Japon, où la demande intérieure s'est affaiblie. En revanche, le Brésil a fait preuve de résilience, avec une demande soutenue malgré la tendance générale.
Les disparités régionales sont marquées. L'Afrique a enregistré la plus forte croissance, avec une demande en hausse de 3,8 % et une capacité en progression de 4,7 %, bien que son coefficient d'occupation reste plus faible à 73,9 %. L'Asie-Pacifique a subi une baisse de 2,0 % des RPK, avec une capacité en recul de 2,1 % et un taux de remplissage de 83,1 %. L'Europe a affiché une légère augmentation de 0,8 % de la demande et de 1,4 % de la capacité, atteignant un coefficient d'occupation élevé de 87,5 %. L'Amérique du Nord a enregistré une baisse de 1,1 % des RPK, avec une capacité stable et un taux de remplissage de 86,1 %. Le Moyen-Orient, quant à lui, a subi la contraction la plus sévère : la demande a chuté de 13,9 %, la capacité de 11,3 %, et le coefficient d'occupation a perdu 2,3 points pour s'établir à 76,1 %. L'IATA souligne que les effets de la guerre en Iran continuent de fausser les comparaisons d'une année sur l'autre, même si le rythme du recul s'est atténué depuis le printemps.
Willie Walsh, directeur général de l'IATA, a commenté que la reprise des transporteurs du Moyen-Orient reste fragile, les tensions renouvelées et la hausse des prix du carburant freinant le redressement. Il a ajouté que ces facteurs se traduisent par des tarifs plus élevés pour les voyageurs. Malgré ce repli, l'IATA insiste sur le fait que les gens continuent de voyager, contribuant ainsi à la croissance économique mondiale. L'association, qui représente plus de 370 compagnies assurant environ 85 % du trafic aérien mondial, estime qu'une stabilisation de la situation au Moyen-Orient et une normalisation des approvisionnements en pétrole amélioreraient nettement les perspectives des compagnies aériennes. Elle rappelle également l'importance de suivre l'évolution des marchés intérieurs, qui représentaient 37,2 % du trafic total en 2025. Les données restent provisoires et peuvent être révisées.