Après près de dix ans de développement et plus de huit ans depuis son premier vol, le Boeing 737 MAX 7 a obtenu son certificat de type modifié de la part de la Federal Aviation Administration (FAA). Cette approbation tant attendue marque l'aboutissement d'un travail considérable pour corriger les failles révélées par les accidents du MAX 8 en 2018-2019, renforcer les systèmes de sécurité et revoir en profondeur les processus de certification aux États-Unis. Ce feu vert ouvre la voie aux premières livraisons, désormais prévues pour 2027.
Le parcours de certification a été tout sauf ordinaire. La FAA a souligné que le processus a duré « presque une décennie », une durée inhabituelle pour une dérivation d'un appareil existant. Initialement prévu pour entrer en service en 2019, le MAX 7 a été pris dans ce que certains appellent un « effet de cisaillement réglementaire » après les accidents de Lion Air et Ethiopian Airlines, qui ont cloué au sol toute la flotte MAX et forcé une refonte complète des méthodes de certification de la FAA. Boeing a réalisé des centaines d'heures d'essais en vol et au sol, dépassant largement les normes habituelles pour une dérivation, et a subi des analyses de sécurité approfondies, notamment sur les facteurs humains et la charge de travail des équipages.
Les modifications clés imposées par la FAA comprennent des mises à jour du logiciel de contrôle de vol, une amélioration des alertes en cockpit pour les pilotes et une refonte du système d'antigivrage des moteurs CFM LEAP-1B. Le système d'antigivrage, qui pouvait surchauffer dans certaines conditions, a été un obstacle technique majeur pour les MAX 7 et MAX 10. Boeing et CFM ont retravaillé la gestion thermique via des modifications aérodynamiques et structurelles, aboutissant à un système redessiné désormais standard sur les nouveaux MAX 7 et MAX 10, et prévu pour être rétrofité sur les MAX 8 et 9 existants. De plus, Boeing a introduit un « Enhanced Angle of Attack System » sur le MAX 10 pour répondre aux préoccupations concernant la redondance des capteurs, un point clé dans la controverse sur le MCAS. Une fois le MAX 10 certifié, ce nouveau système AoA sera installé sur tous les nouveaux MAX et progressivement sur les appareils déjà en service.
Pour Boeing, la certification du MAX 7 est un jalon stratégique dans le redressement de sa division commerciale. Stephanie Pope, PDG de Boeing Commercial Airplanes, a qualifié cette certification de « déterminante » qui ouvre la voie aux livraisons et au respect des engagements envers les clients. Cette nouvelle est aussi un signal favorable pour le MAX 10, la version la plus allongée, dont les essais en vol de certification ont été achevés en juillet, avec près de 1 000 vols et plus de 2 000 heures de vol. Boeing estime que la certification du MAX 10 pourrait intervenir d'ici la fin de l'année, le reste du travail étant principalement documentaire et administratif.
Cette certification reflète une nouvelle ère de surveillance de la FAA, où Boeing doit démontrer sa conformité à des normes de sécurité renforcées. Pour les professionnels de l'aviation, cela souligne l'importance de comprendre l'évolution des systèmes et des processus de certification—des connaissances directement pertinentes pour la formation ATPL et ATC.