**Les aéroports européens ont nettement rebondi en mai 2026**, après un mois d’avril marqué par une baisse de 0,7 % — le premier recul depuis la fin de la pandémie de COVID-19. Selon le dernier rapport mensuel d’ACI Europe, le trafic a progressé de 3,2 % par rapport à mai 2025. Les aéroports dits EU+ (États membres de l’UE, Royaume-Uni, Suisse, Norvège, Islande et autres partenaires) affichent une hausse de 3,4 %, tandis que l’UE seule progresse de 4,2 % et les marchés non-EU+ de seulement 2 %.
**Les disparités nationales se creusent**, sous l’effet d’une demande loisirs très robuste, de l’expansion des compagnies ultra-low-cost, d’une fiscalité aérienne accrue et de réductions de capacités. Parmi les pays EU+, la Slovaquie (+112,8 %), Malte (+16,5 %), l’Estonie (+13,1 %) et la Slovénie (+11,2 %) enregistrent les plus fortes progressions. À l’inverse, Chypre (-4,1 %) reste pénalisée par le conflit au Moyen-Orient, tandis que l’Islande (-6,2 %), l’Autriche (-5 %) et la Lettonie (-2,3 %) subissent des réductions de capacités. La Suisse (-5,3 %) est touchée par des annulations de vols de SWISS liées à des pénuries de personnel, à l’immobilisation d’appareils et à des travaux sur la piste de l’EuroAirport Bâle-Mulhouse. Parmi les grands marchés, l’Italie (+5,1 %) et l’Espagne (+5 %) dépassent la moyenne européenne, tandis que la France (+1,7 %) et le Royaume-Uni (+0,9 %) restent en retrait. L’Allemagne (-0,6 %) pâtit de la mise au sol de la flotte de Lufthansa CityLine, qui pèse sur l’offre intérieure et régionale.
**Hors UE+, les Balkans et l’Asie centrale tirent la croissance**, avec des hausses spectaculaires en Macédoine du Nord (+27,4 %), Albanie (+26 %), Monténégro (+17,8 %), Ouzbékistan (+16,2 %) et Arménie (+12,7 %), portées par l’expansion rapide des low-cost régionales et le repositionnement des flux touristiques et diasporiques. À l’opposé, Israël (-17,2 %), l’Azerbaïdjan (-6,1 %), la Géorgie (-5,9 %) et le Kosovo (-4 %) sous-performent en raison du contexte géopolitique et des ajustements de capacités. La Turquie, marché majeur pour les connexions entre Europe, Moyen-Orient et Asie, ne progresse que de 1,8 % en mai, signe d’une croissance plus modérée après les fortes hausses des années précédentes.
**Londres-Heathrow reste le premier aéroport européen** avec 7,12 millions de passagers, malgré un léger recul de 1,2 % sur un an. Istanbul n’est plus qu’à 3 012 passagers, avec une hausse de 2 %. Les aéroports espagnols réalisent les meilleures performances parmi les dix premiers, avec Barcelone (+6,5 %), Palma de Majorque (+4,9 %) et Madrid (+4,8 %). Palma de Majorque dépasse même Londres-Gatwick et Munich, illustrant la primauté de la demande loisirs et des flux touristiques vers les Baléares.
**Les petits aéroports (moins d’un million de passagers) affichent la plus forte croissance annuelle** avec +7,2 % en moyenne, mais restent 25,5 % en dessous de leur niveau de 2019, reflétant un maillage régional qui n’a pas totalement retrouvé son offre d’avant-crise. Certaines plateformes enregistrent des progressions spectaculaires : Stockholm Bromma (+927,9 %), Kastoria (+750,4 %), Bucarest-Băneasa (+204,6 %), Hatay (+190,8 %) ou Syros Island (+157 %). Parmi les aéroports moyens (1 à 10 millions de passagers), Bratislava (+131,1 %), A Coruña (+74,7 %) et Skopje (+28,6 %) illustrent la vigueur du trafic point-à-point régional et low-cost.
**Le fret aérien européen progresse également de 2,5 % en mai** par rapport à mai 2025, après un début d’année contrasté. Parmi les dix premiers aéroports de fret, Leipzig (+14,1 %), Bruxelles (+12,4 %) et Amsterdam (+10,2 %) enregistrent des croissances à deux chiffres, tandis qu’Istanbul, Francfort et Paris-CDG traitent les plus gros tonnages en volume absolu. Les mouvements d’aéronefs restent quasi stables, en hausse de seulement 0,8 %, reflétant l’impact du conflit au Moyen-Orient et une gestion plus stricte des capacités par les compagnies.