**Le trafic aérien européen a progressé de 2,6% au premier semestre 2026**, selon ACI Europe, mais la dynamique s'essouffle clairement. Après un premier trimestre à +4,3%, le deuxième trimestre n'a affiché que +1,3%, reflétant un environnement plus volatil marqué par le conflit au Moyen-Orient, la hausse du prix du carburant et les réductions de capacité décidées par plusieurs transporteurs. Olivier Jankovec, directeur général d'ACI Europe, a souligné que la géopolitique façonne de plus en plus la performance du trafic cette année, avec une demande solide mais des chocs côté offre.
Un changement notable : pour la première fois depuis la reprise post-Covid, le trafic domestique a progressé plus vite que l'international, avec +3% contre +2,5%. Ce signal inhabituel pour un marché traditionnellement tiré par les liaisons transfrontalières et les hubs met en évidence la montée de la demande intra-européenne et l'impact différencié des crises régionales sur les réseaux long-courriers et de correspondance. Les données d'Eurostat citées dans le rapport montrent que le transport aérien de l'UE a déjà dépassé les niveaux de 2019 en 2025, confirmant une reprise structurelle mais inégale.
Les disparités nationales restent marquées. La Slovaquie domine avec +101,3%, suivie de Malte (+15,6%) et de la Slovénie (+14,7%), tandis que l'Islande (-7,1%), Chypre (-4,4%) et l'Autriche (-2,6%) reculent. Parmi les grands marchés, l'Italie (+4,2%) et l'Espagne (+3,7%) surperforment, tandis que la France (+0,6%) et le Royaume-Uni (+0,4%) stagnent, et l'Allemagne tombe à -1,2%. Cette géographie confirme une tendance depuis 2025 : les destinations loisirs du sud de l'Europe et les plateformes d'Europe centrale ou balkanique sont plus dynamiques que les grands hubs historiques, confrontés à des contraintes de capacité et à des arbitrages des compagnies.
Au niveau des aéroports, Londres Heathrow conserve la première place avec 40 millions de passagers (+0,2%), suivi de près par Istanbul (39,84 millions, +1,6%). Paris CDG est quasi stable à -0,2%, tandis qu'Amsterdam (-0,3%), Francfort (-0,8%) et Munich (-4,2%) sous-performent. Les aéroports de taille moyenne (10-25 millions de passagers) ont progressé de 3,9%, et ceux de 1 à 10 millions de 3,7%, avec les plus petits affichant la plus forte hausse à +8,6%—bien qu'ils restent 33,2% sous leur niveau d'avant pandémie.
Le fret aérien a augmenté de 0,7% sur le semestre, encore 11,2% au-dessus de 2019, mais les mouvements d'avions n'ont progressé que de 1% et restent 1,5% sous leur niveau d'avant-crise, signe d'une reprise opérationnelle peu profonde. ACI Europe a également averti sur le futur système d'entrée/sortie Schengen, qui pourrait provoquer des files d'attente et des perturbations, appelant à une mise en œuvre immédiate pour préserver l'attractivité de l'Europe comme destination efficace et accueillante.