**La promesse des vols régionaux électriques**
Une analyse récente de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) révèle que 25 % des vols européens couvrent des distances inférieures à 500 km, une portée que les futurs avions électriques sont conçus pour atteindre dans cette décennie. Les modèles hybrides-électriques pourraient étendre cette portée à 1 000 km. Cela signifie qu'un vol intra-européen sur quatre pourrait potentiellement être assuré par des avions électriques ou hybrides, offrant une réduction significative des émissions et de la pollution sonore. Transport & Environment, l'organisation à l'origine de l'analyse, souligne que certaines des liaisons court-courrier les plus fréquentées, notamment Nice–Corse, pourraient voir des services électriques dès 2030, avec d'autres routes suivant à mesure que la technologie des batteries progresse.
**Pourquoi Nice–Corse est un candidat idéal**
Le corridor Nice–Corse se distingue comme un candidat idéal pour l'aviation électrique. Ces liaisons desservent des îles et traversent l'eau, ce qui les rend impraticables pour le train ou la voiture. Un avion électrique pourrait offrir un voyage silencieux et sans carburant, réduisant considérablement le bruit pour les riverains des aéroports et éliminant les fumées d'échappement au roulage et au décollage. Au-delà des avantages environnementaux, les promoteurs soutiennent que les avions électriques pourraient ouvrir de nouvelles liaisons directes entre villes moyennes, contournant les hubs congestionnés. Par exemple, les passagers pourraient voler directement de Rennes à Bastia sans transiter par Paris, gagnant du temps et améliorant la connectivité régionale.
**Les start-ups en tête de la course**
Fait intéressant, ce ne sont pas les grands avionneurs mais une poignée de start-ups européennes qui mènent la révolution de l'aviation électrique. VÆRIDION, une entreprise allemande, développe le Microliner, un avion régional électrique de 9 places avec une portée de 400 à 550 km, visant une certification d'ici 2030 et détenant déjà plus de 100 engagements d'achat. Elysian Aircraft, une société néerlandaise en partenariat avec KLM, travaille sur un avion électrique à batteries de 90 places capable de parcourir jusqu'à 1 000 km, avec une mise en service prévue pour 2035. Pendant ce temps, la start-up française Aura Aero développe ERA, un avion régional hybride-électrique de 19 places avec huit moteurs électriques et deux turbogénérateurs compatibles SAF, visant une certification en 2028-2029 et une entrée en service avant 2030, avec environ 700 précommandes déjà enregistrées.
**Avantages économiques et opérationnels**
Au-delà des gains environnementaux, les avions électriques et hybrides promettent des avantages économiques significatifs. Antoine Toulemont d'Aura Aero note que leur conception hybride-électrique pourrait réduire les coûts d'exploitation directs de 50 % même aux prix actuels du carburant, tout en réduisant les émissions jusqu'à 80 %. Cette résilience face à la volatilité des prix du carburant est un argument clé, en particulier pour les compagnies régionales opérant avec des marges minces. À mesure que la technologie des batteries progresse et que davantage d'appareils sont certifiés, le rêve de vols court-courrier silencieux, propres et économiques se rapproche de la réalité, avec Nice–Corse prête à devenir une vitrine de cette transformation.