EasyJet a prolongé jusqu'à la fin de la semaine le délai accordé au fonds américain Castlelake pour déposer une offre de rachat ferme, afin d'aligner cette échéance sur celle fixée à l'autre prétendant, Apollo. La low cost britannique, deuxième compagnie à bas coûts en Europe derrière Ryanair, fait l'objet d'un intérêt soutenu de deux fonds d'investissement américains. Début juillet, easyJet a annoncé un accord de principe avec Apollo sur les termes d'une offre valorisant le groupe à 5,7 milliards de livres, soit environ 6,7 milliards d'euros. Castlelake, qui avait présenté quelques jours plus tôt une offre légèrement inférieure à celle d'Apollo, devait initialement déposer une offre ferme au plus tard lundi. Toutefois, easyJet a indiqué dans un communiqué que, « dans le but d'aligner » les modalités, les deux fonds disposent désormais tous les deux jusqu'à vendredi, 17 h (heure de Londres), pour « annoncer une intention ferme de déposer une offre » ou renoncer.
Les enjeux stratégiques sont considérables. Les deux fonds ciblent notamment les créneaux aéroportuaires détenus par easyJet, la puissance de sa marque et ses perspectives de croissance sur le marché européen. Cependant, la low cost à la livrée orange a vu ses résultats pénalisés au troisième trimestre décalé par l'impact du conflit au Moyen-Orient sur la demande et par la hausse des coûts de carburant, son bénéfice avant impôts ayant chuté de 70% à 85 millions de livres (près de 100 millions d'euros) sur les trois mois clos fin juin.
Pour les étudiants en aviation, cette bataille pour le rachat illustre les dynamiques financières qui peuvent façonner l'avenir d'une compagnie aérienne. Comprendre comment les fonds d'investissement évaluent une compagnie—en considérant des actifs comme les créneaux, la valeur de la marque et la position sur le marché—est crucial pour ceux qui aspirent à des postes de direction. De plus, les implications réglementaires et stratégiques de tels accords affectent les réseaux de routes, la concurrence et l'emploi, des sujets abordés dans les formations ATPL et ATC. L'issue de cette guerre d'offres influencera probablement le paysage concurrentiel de l'aviation européenne pour les années à venir.