**Le bénéfice trimestriel d’EasyJet a subi une lourde chute**, en baisse de 70% sur un an à 85 millions de livres (98,7 millions d’euros) pour les trois mois clos au 30 juin 2026. La compagnie low cost britannique attribue ce recul au conflit au Moyen-Orient déclenché en mars, qui a fait grimper les prix du carburant et freiné la demande. La facture de kérosène a augmenté de 105 millions de livres (122 millions d’euros) par rapport à l’an dernier, comprimant les marges malgré un trafic toujours soutenu.
**La stratégie de couverture carburant est au cœur de cette affaire.** EasyJet a couvert environ 84% de ses besoins pour le premier semestre 2026 à un coût moyen proche de 715 dollars la tonne métrique, puis 62% pour le second semestre à environ 688 dollars, et seulement 43% pour le premier semestre 2027. Ce profil décroissant expose la compagnie à la volatilité des cours au fil des trimestres. À titre de comparaison, Ryanair a sécurisé environ 80% de son kérosène pour l’exercice en cours à des prix inférieurs, lui donnant un avantage concurrentiel. Pour les élèves ATPL et ATC, c’est une leçon concrète sur l’impact de la couverture pétrolière—sujet abordé dans les modules de gestion des compagnies aériennes—sur la rentabilité et la capacité à maintenir les routes et les horaires.
**Sur le plan opérationnel**, EasyJet a transporté 25,8 millions de passagers au troisième trimestre, avec un coefficient de remplissage de 88,9%, en baisse d’un point sur un an. La capacité a progressé de 3% en sièges-kilomètres offerts (ASK), mais le revenu unitaire par ASK (RASK) a reculé de 3%, signe d’un environnement tarifaire plus tendu. La compagnie souligne que les réservations de dernière minute restent dynamiques, un élément clé de son modèle low cost, et que la demande se redresse progressivement à l’approche du pic estival. EasyJet affiche une ponctualité de 78% (en hausse de deux points) et un score de satisfaction client de 84% (également en amélioration).
**EasyJet holidays a amorti le choc**, avec un bénéfice avant impôts de 84 millions de livres, quasi stable sur un an. Ce segment à faible intensité capitalistique aide à lisser les effets des chocs géopolitiques et des variations du kérosène, soulignant l’intérêt de la diversification dans les modèles économiques des compagnies aériennes. Le groupe maintient son objectif de croissance de capacité d’environ 6% pour l’exercice 2026.
**Sur le plan capitalistique**, EasyJet reste convoitée : Apollo valorise la compagnie à 5,7 milliards de livres (6,6 milliards d’euros) et Castlelake est également en lice. Apollo a jusqu’au 7 août pour déposer une offre ferme, Castlelake jusqu’au 3 août. L’issue pourrait remodeler le paysage low cost européen. En attendant, EasyJet est prise en étau entre géopolitique, carburant et pression concurrentielle, avec une rentabilité très sensible aux chocs externes.