Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) a tiré la sonnette d'alarme sur les projets de recrutement d'easyJet pour sa future base de Marrakech, accusant la compagnie low cost de vouloir employer des pilotes comme travailleurs indépendants plutôt que comme salariés, une pratique qualifiée de dumping social. Selon La Tribune, la compagnie prévoit de passer par Storm Global, une société irlandaise d'emplois aéronautiques, pour pourvoir les postes à la base marocaine, qui doit ouvrir au printemps 2026 et constituer la première implantation d'easyJet en Afrique.
La base, créée dans le cadre d'un partenariat avec l'Office national marocain du tourisme en vue de la Coupe du monde 2030, comptera trois avions et desservira une trentaine de liaisons vers l'Europe, générant environ 100 emplois directs, dont une soixantaine de postes de pilotes. Les équipages actuels sont détachés d'autres bases, mais les recrutements pour des postes permanents se feraient via des contrats de deux ans sous statut de « contractor », avec une possible intégration ultérieure dans une entité européenne d'easyJet. Le SNPL dénonce un dispositif « inédit » dans le réseau de la compagnie, qui transférerait aux pilotes une partie des risques sociaux et financiers, notamment en matière de protection sociale, d'arrêts de travail et de cotisations, tout en laissant à easyJet la maîtrise opérationnelle.
EasyJet n'a ni confirmé ni démenti la nature exacte des contrats, mais a précisé qu'aucun pilote actuellement en poste à Marrakech n'a été recruté via un prestataire. La compagnie défend le recours à une agence de recrutement, affirmant que ce modèle est courant dans le transport aérien au Maroc et utilisé par d'autres compagnies. Le SNPL, de son côté, appelle à la vigilance, craignant un affaiblissement des protections sociales et s'interrogeant sur d'éventuelles conséquences pour la sécurité aérienne, sans signaler d'incident à ce stade.
Pour les étudiants en aviation, ce litige illustre l'évolution des modèles d'emploi dans le secteur, où les contrats non standard se multiplient, notamment sur les nouveaux marchés. Comprendre les implications de tels arrangements est essentiel pour les futurs pilotes et contrôleurs aériens, qui pourraient être confrontés à des situations similaires. Ce conflit souligne également la tension entre les stratégies de réduction des coûts et les droits du travail, un thème récurrent dans l'économie aéronautique.