**easyJet aligne les échéances de rachat entre Apollo et Castlelake**
La compagnie low-cost britannique easyJet a décidé de repousser la date limite accordée au fonds américain Castlelake pour déposer une offre de rachat ferme, afin de l'aligner sur celle d'Apollo. Cette décision, annoncée lundi, donne aux deux fonds jusqu'à vendredi à 17 heures, heure de Londres, pour annoncer une intention ferme ou renoncer. Elle intervient alors que les deux fonds se disputent le contrôle de la compagnie, attirés par ses précieux créneaux aéroportuaires et son potentiel de croissance, malgré des difficultés financières récentes liées au conflit au Moyen-Orient.
**Apollo en position de force**
Le rapport de force penche clairement en faveur d'Apollo. Début juillet, easyJet a annoncé un accord de principe avec ce fonds sur une offre en numéraire à 7,15 livres par action, valorisant la compagnie à 5,7 milliards de livres (environ 6,7 milliards d'euros). Le conseil d'administration estime que cette proposition offre une meilleure valeur aux actionnaires que celle de Castlelake à 6,90 livres par action, qui valorise easyJet autour de 5,5 milliards de livres. Castlelake avait présenté plusieurs propositions depuis le printemps, mais le conseil a finalement préféré l'offre améliorée d'Apollo, jugée plus attractive et plus sécurisée. L'extension du délai vise à maintenir un cadre concurrentiel tout en permettant la poursuite des due diligences.
**Pourquoi easyJet est une cible de choix**
EasyJet, fondée en 1995 et basée à Luton, a constitué au fil des ans un portefeuille de créneaux aéroportuaires de haute valeur, notamment à Londres-Gatwick, Londres-Luton, Genève, Berlin et dans plusieurs grands aéroports méditerranéens. Sa marque forte, sa base de clientèle et son réseau dense en font une cible attrayante pour les investisseurs cherchant des opportunités de restructuration et de rendement financier. Deuxième low-cost européenne derrière Ryanair, easyJet opère une flotte homogène d'Airbus de la famille A320, concentrée sur le court et moyen-courrier intra-européen. Pour un fonds, cet ensemble offre un levier important, à condition de maîtriser les coûts et les cycles du prix du carburant.
**Pressions financières et enjeux stratégiques**
Cette bataille financière se déroule dans un contexte de dégradation des performances. Au troisième trimestre clos fin juin, le bénéfice avant impôts d'easyJet a chuté de 70%, à 85 millions de livres (près de 100 millions d'euros), contre 286 millions un an plus tôt. La compagnie attribue cette baisse à la hausse des prix du carburant et à une demande plus faible des consommateurs après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient en mars. Les coûts de carburant ont augmenté de 105 millions de livres sur un an, comprimant la rentabilité malgré un trafic de près de 26 millions de passagers et un coefficient de remplissage supérieur à 88%. Le titre progressait d'environ 2% lundi, les marchés saluant le maintien d'un scénario de rachat.
Au-delà de la joute financière, une prise de contrôle par un fonds américain soulève des questions stratégiques pour le transport aérien européen. Un changement d'actionnariat pourrait influencer la politique de croissance de la flotte, la structure de coûts, la stratégie de bases et, à terme, les niveaux de tarifs pour les passagers, notamment au Royaume-Uni et en Suisse. Pour les étudiants ATPL et ATC, ce cas illustre comment des facteurs externes comme les événements géopolitiques et les dynamiques d'investisseurs peuvent remodeler les opérations d'une compagnie, affectant la planification des routes, la coordination des créneaux et les considérations réglementaires.