Quatre ans après le crash du vol MU5735 de China Eastern Airlines, le pire accident aérien en Chine depuis trois décennies, les données techniques publiées par le National Transportation Safety Board (NTSB) américain relancent les interrogations sur les causes de la catastrophe. Selon le rapport obtenu via une demande Freedom of Information Act, les sélecteurs carburant des deux moteurs ont été basculés de la position « run » à la position « cutoff » alors que l'appareil évoluait en croisière à 29 000 pieds. Sur un Boeing 737-800, ces commandes exigent un geste volontaire en deux temps (soulever puis tourner), ce qui exclut pratiquement toute manipulation involontaire.
Pour les étudiants ATPL et ATC, ce dossier est un cas d'école sur l'utilisation des enregistreurs de vol (FDR et CVR) dans les enquêtes. Le FDR a cessé d'enregistrer lorsque les générateurs ont perdu leur alimentation après la coupure carburant, mais le CVR a continué sur batterie de secours, capturant des segments audio transmis aux autorités chinoises. L'absence de tentative de rétablir l'alimentation en carburant, combinée à la descente en piqué à plus de 1 000 km/h, suggère un acte délibéré plutôt qu'une panne mécanique. Cela souligne l'importance de la connaissance des systèmes du cockpit et des procédures d'urgence, ainsi que les limites des enregistreurs de bord.
L'enquête reste opaque : l'Administration de l'aviation civile de Chine (CAAC) nie toute intention malveillante et refuse de publier un rapport final, invoquant la sécurité nationale. Ce manque de transparence contredit les normes de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), qui exigent la publication rapide des rapports d'accident. Pour les futurs professionnels de l'aviation, ce cas illustre la tension entre les enquêtes de sécurité et les intérêts nationaux, et la nécessité d'une formation solide en facteurs humains pour reconnaître et atténuer les risques d'actes intentionnels.
Du point de vue du contrôle aérien, la perte soudaine de communication et la trajectoire anormale de l'appareil — un piqué quasi vertical depuis l'altitude de croisière — auraient déclenché des protocoles d'urgence immédiats. Comprendre comment de tels événements se déroulent aide les contrôleurs à anticiper les actions des pilotes et à coordonner les opérations de recherche et de sauvetage. Le crash soulève également des questions sur la gestion des ressources du cockpit et le dépistage psychologique des équipages, des sujets de plus en plus pertinents dans la formation ATPL.
En conclusion, le crash de China Eastern Airlines rappelle que la sécurité aérienne ne repose pas seulement sur la fiabilité technique, mais aussi sur le comportement humain. Les données du NTSB, bien que non concluantes, renforcent la nécessité d'enquêtes approfondies et d'un partage ouvert des résultats pour prévenir de futures tragédies. Pour les étudiants, c'est une étude de cas sur les complexités de l'analyse des accidents et les dilemmes éthiques auxquels sont confrontés les enquêteurs.