**Une plateforme sous pression**
L’aéroport international Cayenne–Félix-Éboué, principal point d’entrée de la Guyane, entame une transformation majeure. Avec près de 540 000 passagers en 2025 pour une capacité théorique d’environ 600 000, l’infrastructure approche de la saturation. Pour y remédier, la Société Concessionnaire de l’Aéroport de Cayenne (SCAC), pilotée par Egis, lance un programme de modernisation de 85 millions d’euros. La première phase, étalée sur 42 mois, doit être livrée d’ici 2029, la concession de 30 ans courant à partir d’octobre 2025.
**Ce que prévoit le chantier**
Le cœur du projet est l’extension et la reconfiguration de l’aérogare, avec 1 000 m² supplémentaires pour fluidifier l’enregistrement, la sûreté, le contrôle aux frontières et les zones d’attente. Les espaces commerciaux seront réorganisés pour valoriser les produits locaux (gastronomie, artisanat, tourisme), augmentant les recettes extra‑aéronautiques. De nouveaux locaux pour le personnel aéroportuaire, les services de l’État et les prestataires amélioreront les conditions de travail.
Côté piste, le programme prévoit la rénovation des aires de stationnement et la création d’un nouveau poste pour gros porteurs, essentiel pour accueillir les appareils long‑courriers desservant le Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou. Cela renforce le rôle logistique de l’aéroport pour les activités spatiales européennes. La plateforme assure déjà des vols réguliers vers l’Hexagone, les Antilles, le Brésil et le Suriname, avec plus de 6 400 mouvements commerciaux en 2024.
**Ambitions environnementales et économiques**
Le projet vise 90 % d’énergie décarbonée sur le site, grâce à l’éclairage LED, l’optimisation des systèmes de climatisation en climat tropical humide et le recours aux énergies renouvelables – des solutions déjà appliquées sur d’autres aéroports gérés par Egis. Les travaux feront appel aux entreprises locales, créant des emplois et développant les compétences. Les autorités soulignent que l’aéroport est crucial pour la continuité territoriale avec la métropole et le rayonnement régional dans le bassin caribéen et sud‑américain.
**Pertinence pour les étudiants ATPL et ATC**
Ce cas illustre comment les contraintes de capacité déclenchent des investissements d’infrastructure, un thème clé des modules de planification aéroportuaire. Comprendre l’interaction entre croissance du trafic, capacité côté piste (notamment les postes gros porteurs) et certification environnementale (comme l’Airport Carbon Accreditation) est directement utile pour les ATPL et les ATC. Le projet montre aussi l’importance stratégique des aéroports soutenant les lancements spatiaux, un secteur de niche en expansion.