Le géant canadien de la formation aéronautique CAE envisage de fermer son centre de simulateurs à Brussels Airport, une perspective lourde de conséquences pour Brussels Airlines et ses pilotes. L'infrastructure, partagée avec TUI fly Belgium et d'autres opérateurs, est au cœur de l'organisation des entraînements en simulateur des équipages basés en Belgique.
**Un outil clé pour la formation des équipages**
Le centre bruxellois CAE accueille aujourd'hui les sessions récurrentes de nombreux pilotes de Brussels Airlines, qui doivent régulièrement valider leurs compétences en simulateur pour conserver leurs qualifications. Sa localisation sur le site même de l'aéroport permet de limiter les déplacements, de réduire les coûts et de garder une grande flexibilité dans la planification des entraînements. Selon les informations communiquées au personnel, CAE a lancé une procédure d'information et de consultation en vue d'une possible fermeture d'ici la fin de l'année, rapporte le quotidien néerlandophone De Tijd. L'entreprise canadienne évoque des « coûts structurellement trop élevés par rapport aux revenus générés » pour justifier ce scénario de fermeture. « CAE Brussels fonctionne à une échelle limitée, la demande à long terme pour divers simulateurs est insuffisante et aucune perspective de chiffre d'affaires ne permet de maintenir les activités sur ce site », relève un document interne cité par De Tijd.
**Vers des formations délocalisées à l'étranger**
Si le centre devait fermer, Brussels Airlines serait contrainte de redéployer une partie de la formation de ses pilotes vers d'autres sites du réseau CAE, notamment Amsterdam ou Madrid. Les équipages devraient alors se déplacer plusieurs jours pour suivre leurs séances, avec à la clé une hausse des coûts de transport, d'hébergement et de temps hors base. Pour Brussels Airlines, qui est engagée dans un plan de croissance de sa flotte et de son réseau, la perte d'un outil local de formation serait un frein opérationnel. La compagnie aérienne belge, filiale de Lufthansa Group, a récemment investi, avec Lufthansa Aviation Training, dans un nouveau centre de formation pour le personnel de cabine près de l'aéroport, justement pour regrouper ses formations et gagner en efficacité.
**Des pilotes sous pression et une planification plus complexe**
À court terme, l'annonce crée un climat d'incertitude chez les équipages qui utilisent régulièrement les simulateurs de Brussels Airport. Les pilotes doivent maintenir un calendrier strict de contrôles et de réentraînements, encadré par la réglementation européenne, avec peu de marge de manœuvre sur les délais. Toute perturbation pourrait compliquer la planification et accroître le stress.
**Un revers pour l'ambition de hub de formation**
Au-delà des aspects sociaux et industriels, cette menace pèse sur l'ambition de faire de Brussels Airport un pôle régional de formation pour pilotes et équipages. La disparition du centre CAE réduirait l'offre de simulateurs disponible sur place, au moment où Brussels Airlines recrute de nouveaux pilotes et développe des partenariats avec des écoles de pilotage comme Skywings Flight Training. Le ministre fédéral belge de la Mobilité, Georges Gilkinet, a demandé à CAE des garanties et une analyse détaillée de la viabilité du site bruxellois. Il explore, selon la presse belge, différentes pistes de soutien pour maintenir une capacité de formation en Belgique, consciente des enjeux pour les compagnies aériennes et leurs équipages. Aucune décision définitive n'a encore été prise. Mais pour Brussels Airlines et ses pilotes, l'avenir du centre CAE de Brussels Airport est devenu un dossier hautement stratégique, qui conditionnera l'organisation de la formation des équipages dans les prochaines années.