Un rapport confidentiel de la Centrale générale des services publics (CGSP) dénonce des « dysfonctionnements majeurs » dans la sûreté des aéroports belges, en visant particulièrement l'administration chargée de contrôler l'application des règles de sécurité. Selon *Le Soir*, qui a pu consulter ce document, ces manquements seraient de nature systémique et feraient peser un risque direct sur la sécurité des passagers. Le rapport syndical décrit un système de sécurité marqué par des « défaillances systémiques » et un manque de contrôle de la part de la Direction générale du transport aérien (DGTA), l'autorité administrative chargée de surveiller le secteur. En outre, il affirme que ces dysfonctionnements perdurent malgré les rappels répétés de la Commission européenne et de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Pour la CGSP, cette situation crée un « trou noir sécuritaire », dans lequel chaque faille non corrigée devient une porte ouverte à des actes d'intervention illicite.
Au cœur des critiques, la DGTA est accusée par la CGSP de ne plus remplir correctement sa mission de contrôle. Selon les extraits rapportés par *Le Soir*, le syndicat dénonce une autorité qui « ne surveille plus, ne sanctionne plus et ignore les alertes de terrain ». Le rapport évoque des comportements de négligence, voire d'obstruction, dans le suivi des signalements de dysfonctionnements et des audits de sûreté. La CGSP décrit aussi un climat social « toxique » au sein de l'administration, susceptible de décourager les lanceurs d'alerte et de fragiliser la culture de sécurité. Ces critiques s'inscrivent dans une longue série d'alertes, déjà mises en lumière par des rapports européens après les attentats de 2016, qui pointaient un manque de contrôle régulier des dispositifs de sûreté dans les aéroports belges.
Sur le plan opérationnel, la CGSP évoque des « défauts importants » de sécurité pour les passagers, liés à des failles dans l'organisation et la supervision des procédures de sûreté. Les contrôles sont insuffisants, les procédures appliquées de manière inégale, et il existe un manque de rigueur dans la vérification du respect des normes par les opérateurs. Des exemples antérieurs, cités dans des questions parlementaires ou des rapports européens, ont montré que des « passagers mystère » avaient déjà réussi par le passé à franchir des contrôles avec du matériel prohibé ou des faux explosifs, révélant des lacunes de formation et de vigilance. Dans certains cas, la Commission européenne avait constaté que les systèmes de détection d'explosifs ou d'autres équipements de sûreté n'étaient pas vérifiés de façon suffisamment régulière. Le rapport de la CGSP s'inscrit dans cette continuité, en évoquant un manque de sanctions en cas de non-respect des règles et une supervision jugée insuffisante des acteurs privés chargés de la sûreté sur les sites aéroportuaires.
Interrogé par les médias, le cabinet du ministre fédéral de la Mobilité indique avoir adopté un « plan d'actions correctives » en février, en réponse aux observations récentes de l'OACI. Cette dernière aurait jugé ce plan globalement satisfaisant au regard des recommandations formulées lors d'un audit mené à l'automne précédent. Les autorités mettent en avant l'existence d'un programme de sécurité national et de procédures de notification des incidents auprès de la DGTA, censés garantir une amélioration continue des standards de sûreté. Mais les critiques de la CGSP laissent entendre, au contraire, que l'écart demeure important entre le cadre réglementaire et la réalité observée sur le terrain dans les aéroports belges. Pour le syndicat, la priorité est désormais de rétablir une culture de contrôle et de sanction, afin de refermer les failles qu'il juge « majeures » dans la protection des passagers.