Le 28 avril 1933, un chapitre tragique de l'histoire de l'aviation s'est écrit lorsqu'un télégramme du ministère de l'Air italien a confirmé la disparition d'un hydravion d'Air-Orient, dont on était sans nouvelles depuis le 23 avril. L'appareil assurait la liaison Beyrouth-Marseille de la ligne d'Extrême-Orient, une route cruciale pour l'aviation coloniale et commerciale de l'époque. L'accident s'est produit près de Saracena, en Calabre, dans le sud de l'Italie, après que l'hydravion a été pris dans un violent trou d'air, provoquant une chute brutale de 1 000 mètres avant de s'écraser dans une forêt de montagne. L'épave a été découverte par des carabiniers en patrouille.
Pour les étudiants ATPL et les contrôleurs aériens, cet accident historique souligne l'importance des risques météorologiques, en particulier les ondes de relief et les courants descendants, qui restent des dangers aujourd'hui. L'absence de radar météo et de systèmes de communication modernes en 1933 obligeait les pilotes à se fier à des indices visuels et à des instruments rudimentaires, rendant ces événements plus fréquents. La tragédie met également en lumière l'évolution des protocoles de recherche et de sauvetage : le délai pour localiser l'épave et confirmer le sort des occupants contraste fortement avec les systèmes de suivi par satellite et les balises de détresse actuels.
Le bilan final fait état de cinq morts, dont le pilote Carouge et le mécanicien Guilleceau, mais trois survivants — le radiotélégraphiste Callot, M. Etève et Mme Gigandet, la nièce du président d'Air-Orient — ont miraculeusement survécu. Cet événement rappelle l'élément humain dans la sécurité aérienne et les améliorations continues de la conception des aéronefs, de la formation des pilotes et des procédures opérationnelles qui ont rendu le vol plus sûr au fil des décennies.