EasyJet a choisi Apollo comme repreneur privilégié, annonçant un nouvel « accord de principe » sur une offre de 5,7 milliards de livres, jugée plus attractive que celle précédemment négociée avec Castlelake. La low-cost britannique, déjà fragilisée par la flambée des coûts du carburant liée au conflit au Moyen-Orient, fait face à une forte réticence de ses pilotes français, qui considèrent ce rachat par des fonds d'investissement comme « purement financier » et opaque sur le plan social.
**Une guerre d'enchères pour une low-cost stratégique**
Le conseil d'administration d'EasyJet a annoncé le 10 juillet avoir conclu un accord de principe avec Apollo Global Management pour une offre en numéraire de 7,15 livres par action, valorisant la compagnie à environ 5,7 milliards de livres (6,7 milliards d'euros). Cette offre dépasse la dernière proposition de Castlelake à 6,90 livres par action, qu'EasyJet avait acceptée quelques jours plus tôt mais qu'elle ne recommande plus. Le conseil indique à l'unanimité que les termes financiers d'Apollo sont à un niveau tel qu'il serait disposé à la recommander aux actionnaires, sous réserve d'une offre ferme avant le 7 août. Ce revirement intervient moins d'une semaine après l'annonce, le 5 juillet, d'un premier accord de principe avec Castlelake, après quatre approches rejetées, dont une jugée « hautement opportuniste » en raison du cours déprimé de l'action lié à la guerre au Moyen-Orient.
**Coûts du carburant et fragilité financière**
La bataille pour le rachat se déroule dans un contexte de résultats dégradés pour EasyJet. Au premier semestre de son exercice décalé clos fin mars, la compagnie a publié une perte avant impôt de 552 millions de livres, dans le haut de la fourchette annoncée, principalement en raison de la hausse brutale des coûts du carburant liée au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Les prix du kérosène ont bondi de plus de 80 % depuis fin février, en raison des perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, ce qui a renchéri la facture de carburant d'environ 25 millions de livres sur le semestre. Malgré une hausse de 6 % du nombre de passagers, un taux de remplissage de 90 % et une progression de 12 % du chiffre d'affaires à 3,95 milliards de livres, la compagnie prévient que son deuxième semestre restera impacté par le conflit, avec des coûts de carburant plus élevés et une incertitude sur la demande.
**Valeur stratégique et flotte**
L'intérêt d'Apollo s'explique aussi par la position stratégique d'EasyJet sur le marché européen et son potentiel de croissance via les services annexes et les vacances. EasyJet Holidays, la filiale de séjours à forfait, a vu ses clients progresser de 22 % au premier semestre, offrant des marges plus élevées et une meilleure résilience. La compagnie exploite une flotte de 356 appareils, principalement des Airbus A320ceo et A320neo, desservant plus de 150 destinations. Elle dispose également d'un carnet de commandes de près de 280 avions, un actif majeur pour tout repreneur. Cependant, les pilotes français ont exprimé de fortes réserves, craignant qu'un rachat purement financier ne privilégie les rendements à court terme au détriment de la stabilité opérationnelle et du bien-être des employés.
**Ce que cela signifie pour les étudiants ATPL et ATC**
Pour les étudiants ATPL, ce cas illustre comment des facteurs macroéconomiques comme la volatilité des prix du carburant et les événements géopolitiques peuvent impacter directement la rentabilité et la structure de propriété des compagnies aériennes. Comprendre ces dynamiques est crucial pour la planification de carrière, car les rachats peuvent affecter les plans de flotte, les fermetures de bases et les conditions d'emploi. Les étudiants ATC doivent noter que ces turbulences financières peuvent entraîner des ajustements de réseau, affectant potentiellement les flux de trafic et les créneaux horaires dans les grands hubs européens comme Londres Gatwick, Paris Orly et Genève.