Airbus a ouvert l'année 2026 sur un premier trimestre contrasté : les livraisons d'avions commerciaux ont reculé, pesant sur le chiffre d'affaires et le résultat opérationnel, tandis que les commandes et l'activité défense restent bien orientées. Le groupe maintient ses objectifs annuels, s'appuyant sur un carnet de commandes record de plus de 9 000 appareils et sur la montée en puissance programmée de ses lignes d'assemblage.
Entre janvier et mars 2026, Airbus a livré 114 avions commerciaux, contre 136 un an plus tôt. Cette baisse se traduit par un recul de 7% du chiffre d'affaires du groupe à 12,7 milliards d'euros, et une chute de 52% de l'EBIT ajusté à 300 millions d'euros, contre 624 millions au T1 2025. Le résultat net atteint 586 millions d'euros, porté par le résultat financier, en repli toutefois par rapport aux 793 millions d'euros enregistrés un an auparavant. La division avions commerciaux voit ses revenus reculer de 11% à 8,4 milliards d'euros, principalement en raison du moindre volume de livraisons et de l'effet défavorable du dollar. Sur les 114 livraisons, Airbus a remis 19 A220, 81 appareils de la famille A320, 3 A330 et 11 A350.
Le constructeur attribue en partie ce début d'année plus faible aux contraintes persistantes de la chaîne d'approvisionnement, en particulier sur les moteurs Pratt & Whitney pour certains A320neo. Le PDG Guillaume Faury souligne que « l'environnement opérationnel reste dynamique et complexe ». Malgré ces difficultés, Airbus maintient le cap d'une forte montée en cadence : la famille A320 doit atteindre 70 à 75 appareils par mois d'ici 2027, l'A220 viser 13 par mois en 2028 et l'A350 monter à 12 mensuels à la même échéance. Cet effort suppose de produire davantage en amont, ce qui alourdit temporairement les stocks et contribue à la dégradation du cash-flow au premier trimestre.
Sur le plan commercial, la demande reste très dynamique. Airbus a enregistré 408 commandes brutes et 398 commandes nettes après annulations au T1, contre 204 un an plus tôt. Fin mars 2026, le carnet atteint un niveau record de 9 037 avions commerciaux, soit plus de dix années de production au rythme de livraisons visé pour 2026, autour de 870 appareils. Cette profondeur confirme la solidité de la demande mondiale, portée par la croissance des trafics, le renouvellement accéléré des flottes et le succès de l'A321neo sur le moyen-courrier.
La diversification du groupe s'avère déterminante. Airbus Defence and Space affiche une progression de 7% de ses revenus à 2,8 milliards d'euros, avec des prises de commandes de 5 milliards d'euros, contre 2,6 milliards un an plus tôt, reflétant la montée des besoins de défense en Europe. Airbus Helicopters enregistre 79 commandes nettes, contre 100 en 2025, mais les livraisons progressent et le chiffre d'affaires reste stable. Ces deux piliers offrent un soutien dans un trimestre où l'aviation commerciale est pénalisée par des contraintes externes.
Le free cash-flow avant financement clients ressort à –2,5 milliards d'euros au T1, reflet de la baisse des livraisons et de la constitution de stocks liée à la montée en cadence. Airbus rappelle qu'un premier trimestre négatif n'est pas exceptionnel dans le cycle aéronautique, les livraisons se concentrant souvent en seconde partie d'année. La trésorerie brute atteint 25,2 milliards d'euros et la trésorerie nette 9,8 milliards fin mars 2026, offrant une marge de manœuvre pour financer la montée en cadence, les investissements et la R&D.
Malgré ce début d'exercice plus mou, Airbus maintient sa guidance pour 2026 : environ 870 livraisons, un EBIT ajusté de l'ordre de 7,5 milliards d'euros et un free cash-flow avant financement clients autour de 4,5 milliards d'euros. Faury a déclaré : « Nous surveillons de près l'impact potentiel de la situation en rapide évolution au Moyen-Orient », tout en soulignant que « dans l'aviation commerciale, nous continuons à augmenter nos cadences et à produire conformément à notre plan, tout en naviguant dans la pénurie de moteurs Pratt & Whitney. »