**Airbus voit le trafic aérien mondial doubler d’ici 2045, porté par l’urbanisation et les classes moyennes**
Le 8 juillet, Airbus a publié son Global Market Forecast (GMF) 2026‑2045, prévoyant une croissance annuelle moyenne de 3,9 % du trafic passagers, pour atteindre près de 10 milliards de voyageurs en 2045. Le constructeur européen identifie l’urbanisation, la croissance du PIB et l’essor des classes moyennes comme les principaux moteurs de cette demande. Ces prévisions sont particulièrement pertinentes pour les élèves ATPL et ATC, car elles dessinent l’avenir de l’industrie aéronautique dans laquelle ils travailleront.
**Moteurs clés : urbanisation et nouvelles paires de villes**
Airbus souligne que l’urbanisation ne se limite plus aux grandes métropoles, mais s’étend aux villes moyennes dont la population et le pouvoir d’achat augmentent rapidement. Combinée à la montée des classes moyennes et aux diasporas, cette tendance créera de nouvelles paires de villes rendues économiquement viables par des avions plus efficaces et des volumes de trafic plus élevés. Le GMF décrit une décentralisation progressive des réseaux aériens au-delà du système hub-and-spoke traditionnel, avec l’émergence de liaisons directes entre villes moyennes. Des exemples incluent les routes Riga–Tenerife et Melbourne–Alice Springs, déjà desservies de manière rentable par l’A220. Le rayon d’action accru des monocouloirs permet également de nouvelles liaisons transcontinentales comme Lisbonne–Recife et Dublin–Nashville en A321neo ou A321XLR, Alger–Kuala Lumpur en A330neo, et Taipei–Phoenix en A350.
**Stratégie produit et besoins en flotte**
Airbus affirme que sa stratégie produit reflète directement ces évolutions, avec un carnet de commandes record d’environ 9 000 avions, de l’A220 à l’A350. Ce portefeuille soutient des cadences de production élevées, dont un objectif de 75 appareils de la famille A320 par mois. Plus de 70 % des commandes de la famille A320 concernent la version la plus grande, l’A321neo et sa variante long rayon d’action A321XLR, considérée comme idéale pour ouvrir de nouvelles paires de villes. Les routes à forte capacité restent réservées à l’A330neo, tandis que les très long-courriers sont adressés par l’A350, dont la version cargo rencontre également un vif succès. Sur la période 2026‑2045, Airbus estime le besoin à 42 060 avions neufs, dont 19 820 pour remplacer des appareils plus anciens et 22 240 pour accompagner la croissance. Parmi eux, 81 % seront des monocouloirs, confirmant la tendance de long terme vers des avions plus compacts, sobres et polyvalents.
**Bascule régionale et trafic VFR**
Les prévisions mettent en avant la bascule de la puissance économique vers la région Asie-Pacifique, avec une croissance particulièrement soutenue attendue en Inde, au Vietnam, en Indonésie et en Malaisie. Ces marchés joueront un rôle central dans la dynamique du trafic, notamment sur les segments domestiques et régionaux à forte densité. Airbus note également une hausse des déplacements internationaux liés à la migration et aux voyages familiaux, le segment VFR (visiting friends and relatives). La structuration de diasporas transnationales, combinée à des liaisons plus directes, devrait renforcer ces flux, surtout entre les économies émergentes et les pays à fort accueil migratoire en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient.
**Croissance résiliente malgré les chocs à court terme**
Malgré les perturbations de court terme – conflits régionaux, volatilité des prix du carburant ou cycles économiques –, Airbus estime que la croissance du trafic passagers reste robuste et étroitement corrélée à la progression de l’économie mondiale. Le GMF prévoit une hausse annuelle moyenne de 3,9 % du trafic, portée par une croissance du PIB mondial de 2,6 %, une augmentation de 1,3 milliard du nombre d’urbains et l’arrivée de 1,4 milliard de personnes supplémentaires au sein des classes moyennes d’ici 2045. La catégorie démographique la plus susceptible de prendre l’avion – la classe moyenne – devrait croître de 34 % sur la période, ce qui soutiendra la demande malgré les chocs ponctuels. À l’horizon 2045, le trafic aérien devrait ainsi plus que doubler pour atteindre environ 10 milliards de passagers par an, en ligne avec les projections précédentes d’Airbus qui indiquaient déjà un doublement de la flotte mondiale en vingt ans.