**Airbus : les livraisons d’avions accélèrent en avril malgré la pénurie de moteurs Pratt & Whitney**
Airbus a livré 67 avions commerciaux à 39 clients en avril 2026, en nette hausse par rapport aux 60 appareils de mars. Cette accélération, bien que positive, laisse le constructeur européen légèrement en retard sur son rythme de début d’année. Sur les quatre premiers mois, Airbus a livré 181 appareils, soit un peu plus de 20 % de son objectif annuel ambitieux de 870 livraisons.
La performance d’avril est perçue comme un « signal positif » par le marché après un premier trimestre perturbé par des tensions sur la chaîne d’approvisionnement, notamment sur les moteurs Pratt & Whitney GTF qui équipent une partie de la famille A320neo. Malgré ce rebond, les livraisons de janvier à avril sont en baisse d’environ 6 % par rapport à la même période en 2025. Airbus explique ce retard par les pénuries de moteurs et par des problèmes d’inspection déjà connus sur certains panneaux de fuselage.
**Un stock de « planeurs » toujours élevé**
Un goulet d’étranglement persiste avec les avions terminés mais sans moteurs. Airbus dispose actuellement d’environ 72 appareils en état de vol en stock, auxquels s’ajoutent près de 50 « planeurs » — des cellules entièrement assemblées sans moteurs. Ce stock est passé de 64 appareils volants et environ 60 planeurs fin mars, signe que le problème d’approvisionnement en moteurs ne se résorbe pas rapidement.
**Pression sur Pratt & Whitney**
Airbus a adopté un ton plus ferme envers son motoriste. Les volumes de livraisons pour 2026 sont « fermes » mais restent « bien inférieurs aux engagements antérieurs » pris par Pratt & Whitney. Des discussions sont en cours pour 2027, mais Airbus réclame des compensations pour les livraisons manquées. Le président exécutif Guillaume Faury a reconnu « d’importants désaccords avec Pratt & Whitney sur le nombre de moteurs à livrer » et n’exclut pas de « aller en justice » si aucune solution amiable n’est trouvée.
**Objectif 2026 maintenu malgré les vents contraires**
Malgré ces contraintes, Airbus maintient son objectif de 870 livraisons d’avions commerciaux en 2026, un niveau qui dépasserait son record de 2019 (863 appareils). « La demande mondiale pour les avions commerciaux soutient la montée en cadence de notre production, que nous gérons tout en faisant face à des pénuries significatives de moteurs Pratt & Whitney », a rappelé Guillaume Faury. Le constructeur prévoit d’atteindre un rythme de 70 à 75 monocouloirs de la famille A320neo par mois d’ici fin 2027, puis de se stabiliser à 75 appareils mensuels. Cette trajectoire dépend toutefortement de la capacité des motoristes à suivre.
**Impact limité de la crise au Moyen-Orient**
Interrogé sur les conséquences du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l’énergie, Airbus se veut rassurant. L’avionneur affirme n’avoir constaté « aucune perturbation opérationnelle directe » sur ses chaînes ou ses livraisons. Il reste toutefois attentif à la situation de certains fournisseurs très énergivores, qui pourraient être fragilisés par des coûts d’énergie durablement élevés. Pour l’heure, « il n’y a aucun signe » d’arrêts de production chez ces sous-traitants, et Airbus estime que les défis logistiques liés au contexte géopolitique « peuvent être surmontés ».