**Un défaut mécanique latent du bouton incendie moteur** a été signalé par le syndicat britannique de pilotes BALPA comme une cause potentielle d'arrêt non commandé de moteur en vol. Le problème affecte certains Airbus A320neo et A350, et deux incidents ont déjà été rapportés. Pour les professionnels de l'aviation, cela souligne l'importance de comprendre les systèmes du cockpit et les pannes cachées possibles.
Le bouton incendie moteur, situé sur le panneau supérieur, est une commande critique utilisée par les pilotes pour isoler un moteur en panne. Lorsqu'il est activé, il coupe l'alimentation en carburant, les circuits électriques et l'air de prélèvement du moteur, et arme le système d'extinction. En fonctionnement normal, le bouton reste enfoncé et protégé, nécessitant une action volontaire de l'équipage. Cependant, une goupille de retenue déformée dans le mécanisme peut provoquer sa libération spontanée, le système interprétant cela comme une commande de l'équipage et engageant l'isolement du moteur.
BALPA qualifie ce défaut de « sérieux » et « complètement latent », sans alerte ECAM avant son apparition. Les pilotes peuvent d'abord recevoir des indications incomplètes ou déroutantes, rendant la situation particulièrement difficile. Le premier événement documenté s'est produit le 1er décembre 2024, lorsqu'un A320neo d'Air New Zealand a subi un arrêt non commandé de moteur en route de Wellington à Sydney. L'équipage a déclaré Mayday et a dérouté vers Auckland, atterrissant sans blessé. La Commission d'enquête sur les accidents de transport de Nouvelle-Zélande (TAIC) a identifié une goupille de retenue déformée comme cause.
Un second événement a impliqué un A350-1000 de British Airways volant de Las Vegas à Londres Heathrow en février 2026. Le moteur s'est arrêté en croisière au-dessus du Canada, et l'équipage a constaté que le bouton incendie était sorti. Après l'avoir réenclenché et avoir échangé avec la maintenance, ils ont réussi à rallumer le moteur en vol et à poursuivre vers Londres. Cet incident n'a pas encore été officiellement lié au même défaut, mais BALPA recommande la prudence.
En réponse, l'Agence européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a publié une consigne de navigabilité pour certains A318, A319, A320 et A321 équipés de panneaux incendie spécifiques. Les compagnies aériennes doivent inspecter les ensembles de boutons incendie moteur et remplacer les éléments présentant une goupille déformée. Certaines inspections peuvent être réalisées jusqu'en novembre 2027, selon la configuration. L'A350 n'est pas couvert par cette consigne, mais BALPA recommande aux équipages de vérifier le panneau supérieur lors de tout message inhabituel lié au moteur, au carburant, à l'électricité ou à l'air de prélèvement. Bien que le risque soit considéré comme faible, les conséquences potentielles sont graves, notamment lors des phases de décollage ou de montée initiale.