**Trafic record, pertes plus lourdes : le paradoxe airBaltic**
La compagnie lettone airBaltic a entamé l’année 2026 sur une note contrastée. Si le premier trimestre confirme une dynamique solide en matière de trafic et d’activité, avec plusieurs records saisonniers, les résultats financiers restent pénalisés par un environnement économique défavorable. Lors d’une conférence avec les investisseurs, le PDG Erno Hildén et le directeur financier Vitolds Jakovļevs ont présenté des résultats non audités marqués par une croissance du chiffre d’affaires et des volumes, mais aussi par un creusement des pertes nettes.
**Chiffre d’affaires et trafic en forte hausse**
Sur les trois premiers mois de l’année, airBaltic a enregistré un chiffre d’affaires de 149,1 millions d’euros, en hausse de 12,3% par rapport à la même période en 2025 — le meilleur niveau jamais atteint sur un premier trimestre. Cette progression repose sur plusieurs leviers : augmentation du nombre de passagers, intensification de l’activité aérienne, amélioration des performances commerciales et montée en puissance des opérations ACMI (location d’avions avec équipage). La compagnie exploite désormais une flotte homogène d’Airbus A220-300, qu’elle loue à d’autres transporteurs européens en période de tension sur les flottes.
Les indicateurs de trafic sont également records : 1,044 million de passagers sur son réseau propre (contre 995 000), et 1,5 million en incluant l’ACMI (contre 1,3 million). Le nombre total de vols atteint 15 100 (13 600 au T1 2025), dont 10 700 sur le réseau propre et 4 400 en ACMI — là encore un record pour un premier trimestre. Le coefficient de remplissage recule toutefois de 1,1 point à 74,8%, signe que la croissance de capacité a dépassé la demande sur certaines lignes.
**Amélioration opérationnelle, mais perte nette alourdie**
Malgré la saison hivernale traditionnellement moins favorable, airBaltic améliore significativement son EBITDAR ajusté, qui ressort à +7,0 millions d’euros, contre -4,3 millions un an plus tôt. Cette amélioration s’explique par la hausse des recettes, un meilleur rendement passager et une utilisation accrue de la flotte. En revanche, le résultat net accuse une perte de 70,1 millions d’euros, nettement plus élevée que les -29,3 millions enregistrés au T1 2025. La compagnie l’attribue à des effets de change défavorables, une baisse de certains soutiens commerciaux et la poursuite de l’inflation des coûts (maintenance, personnel, redevances).
**Ce que cela signifie pour les élèves ATPL et ATC**
Pour les futurs pilotes et contrôleurs aériens, les résultats d’airBaltic offrent une leçon concrète d’économie du transport aérien. L’évolution vers un modèle hybride — combinant vols réguliers et location ACMI — montre comment les compagnies gèrent la saisonnalité et maximisent l’utilisation des appareils. Comprendre ces pressions financières aide les élèves ATPL à saisir pourquoi les compagnies optimisent leurs horaires, négocient les créneaux horaires ou annulent parfois des vols. Pour les stagiaires ATC, la croissance des opérations ACMI signifie des schémas de trafic plus diversifiés, avec des aéronefs opérant sous différents indicatifs et règles de vol, nécessitant une coordination flexible.
**Perspectives et stratégie**
Le PDG Hildén a souligné la stabilité opérationnelle et mis l’accent sur la qualité des revenus, la discipline des coûts et l’optimisation de la flotte pour 2026. La flotte entièrement composée d’A220 est un atout stratégique, mais l’exposition aux risques macroéconomiques et de change demeure. Pour les étudiants en aviation, ce cas illustre l’équilibre délicat entre succès opérationnel et viabilité financière dans un secteur concurrentiel.