Le 6 mai 2026, AirAsia a signé l’une des plus importantes commandes de son histoire : 150 Airbus A220-300 fermes, assortis de 150 options, portant le total potentiel à 300 appareils. Il s’agit de la plus grande commande ferme jamais enregistrée pour le programme A220, qui a longtemps souffert de difficultés financières depuis ses débuts sous le nom de CSeries chez Bombardier. D’une valeur de 19 milliards de dollars au prix catalogue, l’annonce a eu lieu à l’usine Airbus de Mirabel au Québec, où les A220 sont assemblés. Pour Airbus, ce contrat consolide l’avenir du programme et renforce la position de l’A220 sur le segment des 100 à 160 sièges. Pour AirAsia, c’est un pari massif sur l’efficacité, la compagnie low-cost visant une croissance de 63 millions de passagers en 2024 à 150 millions d’ici 2030.
AirAsia sera le client de lancement d’une nouvelle configuration haute densité de l’A220-300 à 160 sièges, rendue possible par l’ajout d’une issue de secours supplémentaire au-dessus de l’aile de chaque côté. Les premières livraisons sont prévues au premier trimestre 2028. Jusqu’ici, l’A220-300 était généralement configuré entre 120 et 150 sièges ; cette densité plus élevée réduit le coût par siège, répondant parfaitement au modèle low-cost d’AirAsia. L’appareil desservira des liaisons intra-ASEAN et des aéroports secondaires où la demande ne justifie pas un A320, en exploitant l’autonomie de l’A220 allant jusqu’à 6 100 km et sa consommation réduite.
Au-delà de cette commande initiale, AirAsia pousse Airbus à développer une version allongée, l’A220-500, de 185 sièges. Tony Fernandes, cofondateur d’AirAsia, a publiquement exhorté le PDG d’Airbus, Guillaume Faury, à lancer cette variante, promettant 150 commandes supplémentaires si elle voit le jour. Selon des sources proches du dossier, l’A220-500 conserverait l’aile et les moteurs actuels, mais verrait son autonomie réduite d’environ 13 % par rapport à l’A220-300. Plusieurs compagnies – Air Canada, Air France, Delta et airBaltic – ont exprimé leur intérêt, même si Airbus reste prudent pour éviter de cannibaliser les ventes d’A319/A320neo.
Pour les étudiants ATPL et ATC, cette évolution a des implications directes. La configuration haute densité de l’A220-300 et le potentiel A220-500 nécessitent des calculs de performance mis à jour, des considérations de masse et centrage, et des procédures d’évacuation d’urgence. Les contrôleurs aériens doivent comprendre les caractéristiques de performance de l’appareil pour la planification aéroportuaire, notamment sur les aéroports secondaires aux pistes plus courtes. L’essor des jets régionaux plus grands affecte également la gestion de l’espace aérien et la coordination des créneaux horaires. À mesure que la famille A220 s’agrandit, les programmes de formation devront intégrer ces nouvelles configurations, préparant pilotes et contrôleurs aux réalités opérationnelles des compagnies low-cost modernes.
La commande d’AirAsia met également en lumière la dynamique concurrentielle entre Airbus et Embraer. Le PDG d’Embraer a reconnu que la flotte 100 % Airbus d’AirAsia donnait à l’avionneur européen un avantage naturel, malgré la participation active d’Embraer à l’appel d’offres. Cela souligne l’importance de la standardisation des flottes dans la stratégie des compagnies aériennes – un concept clé pour les étudiants en aviation. Le programme A220, autrefois un fardeau financier, est désormais sur la voie de la rentabilité avec plus de 1 000 commandes. Pour les élèves, cette étude de cas illustre comment le soutien gouvernemental, les partenariats stratégiques et la demande du marché peuvent transformer un programme en difficulté en pilier de l’industrie.