**Une nouvelle étape pour le C919**
Air China lancera le 12 août 2025 des vols quotidiens en C919 entre Pékin et Oulan-Bator, en Mongolie, selon l'agence officielle Xinhua. Il s'agit du premier service international régulier de passagers pour l'avion de ligne chinois, après des déploiements régionaux vers Hong Kong. Cette liaison entre deux capitales est perçue comme un jalon diplomatique et commercial pour COMAC, le constructeur public.
**Contexte et ambitions du programme**
Le C919 est un monocouloir conçu pour concurrencer les familles Airbus A320 et Boeing 737. Lancé en 2007 avec un fort soutien de l'État, le premier prototype est sorti d'usine à Shanghai en 2015, mobilisant plus de 300 000 personnes et 1 000 entreprises. Son premier vol commercial a eu lieu en mai 2023 avec China Eastern Airlines sur la ligne Shanghai–Pékin. Fin 2025, 31 C919 étaient immatriculés en Chine, ayant transporté plus de 4 millions de passagers sur des lignes intérieures et régionales.
**Internationalisation : prudente mais en progression**
Au-delà de la Mongolie, la stratégie internationale de COMAC se concentre sur l'Asie-Pacifique. Le C919 dessert déjà Hong Kong (considéré comme une destination régionale), et COMAC a ouvert un bureau régional à Singapour pour promouvoir ses appareils. Le plus petit C909 (ex-ARJ21) a obtenu des commandes de compagnies au Vietnam, au Laos et au Cambodge. Cependant, la portée mondiale du C919 est limitée par l'absence de certification des autorités occidentales.
**Dépendances occidentales et vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement**
Malgré une conception et un assemblage chinois, le C919 utilise des moteurs LEAP de CFM International (coentreprise Safran/GE) et des systèmes avioniques de fournisseurs occidentaux. Cette dépendance a entraîné des retards de livraison en 2025, lorsque les États-Unis ont temporairement suspendu l'exportation de certains moteurs dans un contexte de tensions commerciales. COMAC n'a livré que 15 C919 l'an dernier, loin de son objectif de 75. Le constructeur espère une amélioration en 2026, visant au moins 28 livraisons.
**Obstacles à la certification**
L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) mène des vols d'évaluation et des vérifications techniques à Shanghai, mais une certification complète n'est pas attendue avant trois à six ans. Ce délai repousse toute exploitation potentielle du C919 par des compagnies européennes à la prochaine décennie, limitant sa compétitivité internationale immédiate.
**Implications pour les étudiants ATPL et ATC**
Pour les élèves pilotes ATPL, l'entrée en service international du C919 introduit un nouveau type d'avion à étudier, avec des systèmes et des performances spécifiques. Les contrôleurs aériens (ATC) doivent anticiper des procédures adaptées pour ses opérations internationales et les complexités réglementaires liées aux appareils non certifiés en Occident.