**L'IA dans le voyage : une tendance croissante**
L'industrie du voyage adopte rapidement l'intelligence artificielle (IA), des premières recherches d'itinéraires aux opérations en temps réel dans les aéroports et les cockpits. Une étude récente d'Amadeus, « Global Mobility Trends Decoded, Traveler Insights 2026 », révèle que 68% des voyageurs sont prêts à utiliser des assistants de voyage basés sur l'IA pour des suggestions d'itinéraires et des réservations, dont 33% « très susceptibles » de le faire. Seuls 13% se montrent réticents, confirmant l'intégration rapide de l'IA dans les habitudes de voyage. Cette ouverture s'étend à l'ensemble du parcours : plus de 80% apprécient les recommandations personnalisées avant et pendant le voyage, et près de 80% valorisent l'assistance après le séjour, comme des offres de fidélité ciblées. « L'IA redéfinit les attentes des voyageurs plus rapidement que toute autre tendance, en particulier dans le domaine de la mobilité », constate Peter Altmann, vice-président Mobilité et Protection Voyage chez Amadeus.
**Partage de données pour la personnalisation**
Pour obtenir ces expériences sur mesure, les voyageurs acceptent de plus en plus de partager leurs données personnelles. Près de la moitié (47%) fourniraient leur permis de conduire à l'avance pour accélérer la location de voiture, tandis que 42% partageraient les détails de leur voyage et 40% leurs informations de passeport ou de carte d'identité pour gagner en efficacité. En France, cette tendance est encore plus marquée : 92% sont prêts à partager leurs données personnelles avec l'IA pour éviter les files, et 95% réservent des services additionnels au-delà de la location de voiture, le plus souvent un hébergement et des vols. La demande pour une expérience « de porte à porte » inclut la billetterie unifiée et des recommandations d'itinéraires personnalisées en temps réel. Les grands acteurs comme Amadeus, Expedia et SITA multiplient les lancements de solutions IA dans les hôtels, les plateformes de distribution et les opérations aériennes.
**Innovations de l'industrie**
Amadeus élargit sa stratégie IA dans l'hôtellerie avec des outils pour aider les hôtels à capter la demande sur les canaux IA émergents et Amadeus Max, une plateforme d'assistance IA optimisant les flux de travail. Il lance également Performance Manager – AI Search pour améliorer la visibilité des hôtels dans les résultats générés par l'IA, ainsi qu'un assistant de réservation IA pour les sites iHotelier. Expedia Group B2B présente l'Intelligent Experience Platform, un ensemble d'outils IA modulables pour créer des expériences de voyage complètes via une seule connexion, avec de nouvelles API de merchandising et un portail publicitaire enrichi par l'IA. SITA met en avant OptiFlight, qui utilise le machine learning et des jumeaux numériques pour recommander aux pilotes des profils de montée et de croisière économes en carburant. Il déploie aussi des outils de gestion aéroportuaire totale basés sur l'IA à Toronto Pearson et Abu Dhabi, ainsi que WorldTracer Auto Reflight pour le réacheminement automatisé des bagages. SITA souligne que son Maestro DCS est resté opérationnel lors d'une panne logicielle mondiale, et a fourni un soutien 24h/24 et une gestion automatisée des incidents pendant le Hadj 2025.
**L'élément humain perdure**
Malgré ces avancées, le contact humain reste crucial. « Pourquoi investir dans des agences physiques à l'heure d'Internet et de l'IA ? Parce que notre clientèle a besoin de contact humain, tout simplement », explique Philippe Taïeb, président de l'agence de voyages Jancarthier. Il souligne que les vacances sont des « moments sacrés »—anniversaires, voyages de noces, enterrements de vie de jeune fille—où les clients veulent être rassurés et ne peuvent pas se permettre d'erreurs. Les événements géopolitiques comme la pandémie et les guerres ont montré à quel point la présence humaine est indispensable. Pour les élèves ATPL et ATC, cela signifie que si l'IA gère les tâches de routine, les professionnels doivent exceller dans la gestion de crise, l'empathie et la prise de décision—des compétences qu'aucun algorithme ne peut remplacer.